dimanche 06 décembre 2009
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Tous heureux, sauf les concernés !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Tirage au sort de la Coupe du monde 2010. 
L’Algérie dans le groupe de l’Angleterre, des Etats-Unis et de la Slovénie. Et l’Egypte dans le groupe des…

… téléspectateurs !

L’Algérie est peut-être le seul pays au monde où, à l’issue d’une tripartite, gouvernement, patronat et syndicat, les trois partenaires à la négociation sur le Smig sortent tous satisfaits. Ils avaient le sourire large comme la fiche de paie d’un député, nos négociateurs ! Ouyahia, heureuuuuuux ! Patrons, heureuuuuuux. Sidi-Saïd, heureuuuuux ! Ils sont aux anges les chéris parce qu’ils sont tombés d’accord sur un salaire minimum de 15 000 DA. Comme quoi, et quoi qu’on puisse en dire, le bonheur est facile chez nous. Dans cette vaste orgie à la joie affichée, je n’ai pas entendu les «bénéficiaires» de cette aumône salariale. Les salariés, bien sûr. Il faut dire aussi qu’ils ne sont pas partenaires au dialogue, les bougres. On parle d’eux, c’est vrai. Il s’agit de leurs salaires, c’est vrai. Mais sans eux ! C’est encore plus vrai. Dans cette affaire, et s’il fallait jauger du bonheur de chacun, s’il fallait établir un hit-parade du bonheur, ceux qui sont les plus contents sont ceux qui touchent le Smig en une matinée de travail plus ou moins mérité. Ils se reconnaîtront, les vernis ! Pour le reste, ou, pour être plus juste, pour les restes, les smicards, 15 000 DA, ça ne paie même pas la sueur versée à manifester pour la qualification des Fennecs ces dernières semaines. Ça ne rembourse même pas l’achat des survêtements, des maillots, des fanions et le malus des assurances pour les accidents de voitures qui défilaient. Mais bon, sur la lancée hyper-nationaliste vécue à l’issue de la qualification pour le Mondial, certains — non-smicards, bien sûr — nous rétorqueront qu’un Smig à 15 000 DA, c’est mieux que rien. Il est vrai que «rien», ça fout la pétoche, ça fait peur. Car «rien», ça avait les traits de Ouyahia qui révélait, il y a quelques heures à peine, à la face d’une opinion traumatisée, que «l’Algérie n’est pas un pays riche». Ça sent la prochaine ponction sur le nouveau Smig tout ça ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com

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