jeudi 10 décembre 2009
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Le bon docteur Saïd et la terrible malédiction du temps qui passe !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Crise entre l’Algérie et l’Egypte. Alger a bien tenté de rappeler son ambassadeur au Caire, mais Hadjar a dû… 

… éteindre son portable. Ou alors, c’est la batterie qui est déchargée.

Il y a des gens, comme ça, qui n’ont pas de chance. On dirait même que le sort s’acharne sur eux. On serait presque tenté d’évoquer une mystérieuse malédiction. C’est le cas de ce pauvre ministre généraliste, le docteur Saïd Barkat. D’allure pépère, bonhomme même, limite quidam sans histoires, vous vous dites «voilà le prototype même de la personne à la trajectoire sans pépins, à la cool». Pourtant, derrière cette apparente bonhomie, cet aspect paisible de gentil commis de la République, se cache un drame. Un drame immense. Barkat a un problème fondamental avec le temps. Plus exactement avec une catégorie particulière du temps. Celle des arrivées. C’est poignant lorsqu’on s’y intéresse de plus près. Jugez-en : ministre de l’Agriculture, Si Saïd a passé son temps à nous annoncer l’arrivée imminente de produits en rupture de marché chez nous. Souvenez-vous, la pomme de terre ! Il ne passait pas un jour sans que l’infortuné (sic) ministre ne nous annonce pour le lendemain aux aurores l’arrivée tant attendue du fameux tubercule. Et le lendemain, aux aurores, rien ! Le ministre revenait alors en fin de journée pour nous expliquer que des retards indépendants de sa pourtant énorme bonne volonté remettaient au lendemain, aux aurores, l’arrivée de stocks de pomme de terre. Cette malédiction que l’on aurait pu croire accrochée aux basques du seul ministre de l’Agriculture l’a pourtant poursuivi au siège du ministère de la Santé. Le voilà qui nous annonce que le vaccin contre la grippe A arrivera la première semaine de décembre, aux aurores. Et le voilà aussi qui est contraint de revenir nous murmurer le lendemain, en milieu de journée, que suite à des retards toujours vachement indépendants de son extraordinaire bonne volonté, les vaccins n’arriveront finalement qu’incessamment, sous peu, tout à coup. Je ne sais pas si manger de la pomme de terre guérit du A H1N1, mais je sais par contre ce qu’il faut offrir au sympathique ministre de notre mauvaise santé : une montre, un calendrier et l’œuvre complète de Confucius, un maître en matière de maîtrise de soi et du temps. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com

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