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Crise entre l’Algérie et l’Egypte. Alger a bien tenté de rappeler
son ambassadeur au Caire, mais Hadjar a dû…
… éteindre son portable. Ou alors, c’est la batterie
qui est déchargée.
Il y a des gens, comme ça, qui n’ont pas de chance. On dirait même que le
sort s’acharne sur eux. On serait presque tenté d’évoquer une mystérieuse
malédiction. C’est le cas de ce pauvre ministre généraliste, le docteur Saïd
Barkat. D’allure pépère, bonhomme même, limite quidam sans histoires, vous vous
dites «voilà le prototype même de la personne à la trajectoire sans pépins, à la
cool». Pourtant, derrière cette apparente bonhomie, cet aspect paisible de
gentil commis de la République, se cache un drame. Un drame immense. Barkat a un
problème fondamental avec le temps. Plus exactement avec une catégorie
particulière du temps. Celle des arrivées. C’est poignant lorsqu’on s’y
intéresse de plus près. Jugez-en : ministre de l’Agriculture, Si Saïd a passé
son temps à nous annoncer l’arrivée imminente de produits en rupture de marché
chez nous. Souvenez-vous, la pomme de terre ! Il ne passait pas un jour sans que
l’infortuné (sic) ministre ne nous annonce pour le lendemain aux aurores
l’arrivée tant attendue du fameux tubercule. Et le lendemain, aux aurores, rien
! Le ministre revenait alors en fin de journée pour nous expliquer que des
retards indépendants de sa pourtant énorme bonne volonté remettaient au
lendemain, aux aurores, l’arrivée de stocks de pomme de terre. Cette malédiction
que l’on aurait pu croire accrochée aux basques du seul ministre de
l’Agriculture l’a pourtant poursuivi au siège du ministère de la Santé. Le voilà
qui nous annonce que le vaccin contre la grippe A arrivera la première semaine
de décembre, aux aurores. Et le voilà aussi qui est contraint de revenir nous
murmurer le lendemain, en milieu de journée, que suite à des retards toujours
vachement indépendants de son extraordinaire bonne volonté, les vaccins
n’arriveront finalement qu’incessamment, sous peu, tout à coup. Je ne sais pas
si manger de la pomme de terre guérit du A H1N1, mais je sais par contre ce
qu’il faut offrir au sympathique ministre de notre mauvaise santé : une montre,
un calendrier et l’œuvre complète de Confucius, un maître en matière de maîtrise
de soi et du temps. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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