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Avis à la population. Une des souris utilisées dans les
tests des lots de vaccins contre la grippe A s’est échappée
de l’Institut Pasteur. Prière à toute personne qui la
croiserait de la signaler aussitôt aux autorités. Elle est
facilement reconnaissable.
5 pattes. 3 yeux. 2 queues.
Et un fort accent anglais !
Le projet est très avancé. D’ailleurs, peut-on encore parler de projet
seulement ? Assurément, non ! Il s’agit d’un processus déjà en cours. L’achat et
la réception des premiers lots ont eu lieu ce week-end. Et l’avantage avec cette
marchandise-là, c’est qu’elle n’a pas besoin de passer par l’Institut Pasteur
pour homologation. Elle est déjà chez les premiers marchands, bien contents de
l’arborer sur leurs étals. Il s’agit de cloches en verre. Désormais, c’est sous
ces cloches en verre que vos légumes et fruits seront exposés à votre vue, et à
votre vue seulement. Dans un second temps, l’Algérie réceptionnera des systèmes
d’alarme hypersophistiqués. Les mêmes que ceux utilisés dans les grands musées
du monde. Ces alarmes seront couplées aux cloches en verre et se déclencheront
automatiquement dès que l’une des cloches sera soulevée ou tout simplement
bougée par des mains malveillantes. Ce dispositif déjà fort impressionnant
déployé autour de «nos» fruits et légumes devrait très vite se voir doubler
d’une couverture d’assurance conséquente. Alger attend d’ailleurs d’un instant à
l’autre l’arrivée d’une délégation composée des plus grandes firmes d’assurance
de la planète afin d’examiner avec elles, sur place, ici même, les devis
qu’elles proposent pour assurer de manière convenable nos pommes de terre, nos
navets, nos oignons et autres oranges. Les autorités réfléchissent en parallèle
à un système de puces électroniques d’identification de chaque produit
maraîcher. Un marquage des fruits, comme on marque les bovins. Plusieurs firmes
internationales spécialisées dans l’identification électronique sont en course
et devraient bientôt soumissionner. En plus de cette puce, certains fruits, ceux
dont le prix dépasse l’entendement des plus robustes d’entre nous, seraient
aussi équipés d’un bracelet électronique pouvant, le cas échéant, en cas de
rapt, de kidnapping par exemple, aider les services de sécurité à localiser et à
libérer les produits otages. Je n’ai pas encore le détail des autres mesures
tendant à totalement sécuriser les marchés des fruits et légumes en Algérie.
Mais ce dont je suis sûr, c’est que, bientôt, ces mêmes marchés feront pâlir de
jalousie les bijouteries de la place Vendôme, à Paris. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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