jeudi 28 janvier 2010
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Moi, Tien Chun Hue, Chinois travaillant en Algérie, je témoigne !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Un important contrat d’achat d’avions militaires russes par l’Algérie tombe à l’eau. Les appareils proposés par Moscou ne pouvaient transporter que 800…

… supporters à la fois.

Moi, Tien Chun Hue, je vais témoigner aujourd’hui. Car il me semble important et utile de témoigner pour mémoire, pour l’humanité et les générations à venir. Je suis arrivé en Algérie il y a moins de six mois, dans le cadre d’un contrat de travail dans le bâtiment. A peine débarqué de ma province du Sichuan, à peine installé, j’ai été affecté au chantier de rénovation d’une daïra de la capitale, Alger. Et c’est là que j’ai été témoin de ce phénomène extraordinaire, jamais observé ailleurs. Dieu sait que dans mon pays, la Chine, les phénomènes extraordinaires sont légion, mais celui-là dépasse de loin tout entendement. A plusieurs reprises, j’ai vu déferler sur mon chantier, la daïra en rénovation, des meutes de jeunes et de moins jeunes citoyens algériens. Tous étaient habillés des mêmes couleurs. Celles du drapeau de leur pays. Ils chantaient, ils jouaient d’instruments hétéroclites, et ils se bousculaient aux guichets. Tous en repartaient, au bout de quelques petites heures seulement, avec le même document vert en poche. Mon frère, Kuan Ti Hue, arrivé en même temps que moi en Algérie, mais affecté, lui, sur un chantier de construction d’une agence Air Algérie, à l’intérieur du pays, m’a raconté avoir vécu les mêmes phénomènes extraordinaires. Des hordes de jeunes et de moins jeunes, habillés des couleurs du drapeau local, chantant à tue-tête et dansant sur des rythmes endiablés, ont déferlé sur l’agence en construction, spécialement ouverte à l’occasion pour les accueillir alors que les travaux n’étaient pas encore terminés. Ils n’en sont repartis qu’au bout de quelques petites heures, tous munis d’un document de couleur rouge. Notre cousin, Jiang Li, arrivé il y a à peine deux mois de Chine et travaillant sur le chantier de réfection de l’Aéroport international d’Alger, peut confirmer les dires de mon frère et moi. Lui aussi a vu déferler sur cet aéroport des hordes de jeunes et de moins jeunes habillés de vert, de rouge et de blanc, tenant dans la main droite un document vert, dans la main gauche un document rouge et dans leurs sacs à dos des sandwichs, de l’eau et des plaquettes de quinine. Ils n’ont quitté l’aéroport que plusieurs heures après, à bord de plusieurs avions. Des avions de couleur blanche, pour certains, et verte pour d’autres. Alors, fort de tous ces témoignages concordants et recoupés, moi, Tien Chun Hue, Chinois travaillant en Algérie, je témoigne ! Je témoigne sous le coup de l’émotion devant ce phénomène extraordinaire. Ce pays qui m’a accueilli est peuplé de gens qui passent leur temps à chanter, à danser, à s’habiller de vêtements de la même couleur, à aller tous ensemble dans des bâtiments divers pour y récupérer en masse des documents de couleur verte et rouge, et qui finissent par prendre l’avion. Pour aller chanter et danser. Mais dans d’autres pays que le leur. Vous ne trouvez pas ça extraordinaire, vous ? Moi, si. Tellement extraordinaire que j’ai fini par adopter l’une de leurs coutumes locales bizarres : comme beaucoup d’entre eux, moi, Tien Chun Hue, je fume du thé au lieu de le boire et je reste éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com

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