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Dans le cadre du plan de réaménagement urbain de la capitale et pour une
meilleure fluidité de la circulation, il a été décidé de déplacer le siège
de l’ambassade du…
… Bénin vers la coquette localité de Sid-Ali Bounab !
Ce n’est pas faute d’avoir essayé ! J’ai tout tenté
pour coller ce chiffre terrible sur le dos déjà bien chargé de Koffi Codjia,
mais en vain. L’arbitre béninois est coupable de beaucoup de méfaits, mais
il n’est pour rien dans cette performance que les Algériens ne doivent
qu’au régime de bananes surgelées qui les mal-gouverne : l’inflation, chez
nous a atteint 5,7 % en 2009 contre 4,4 % pour 2008. L’embêtant avec les
catastrophes que l’on ne peut imputer à un arbitre béninois, c’est qu’il
faut bien trouver un coupable, ou des coupables. Et là, dans ma quête légitime
d’une responsabilité à cette hausse vertigineuse des chiffres de
l’inflation algérienne, je me suis paradoxalement trouvé dans la même
posture que la justice de mon pays. Elle aussi, dans le scandale Sonatrach peine
visiblement à mettre la main sur un homme qui, nous dit-on, serait le cerveau
de toutes les machinations diaboliques qui tournent autour de notre pétrole et
de notre gaz. J’ai nommé le sieur Hemch. L’homme aurait bénéficié de
complicités au plus haut niveau pour prendre la poudre d’escampette au bon
moment, quittant le pays pour d’autres cieux moins menaçants, en
l’occurrence la Suisse. Cette fuite, nécessairement organisée, très bien
organisée, me pose personnellement un problème. Quel est ce mécanisme subtil
et surtout mystérieux qui fait que dans les scandales qui éclatent ou qui sont
sur le point d’éclater, il y a les présumés coupables qui restent bloqués
ici, au bled, et il y a ceux qui sont toujours exfiltrés à l’heure, sans
retard d’expédition ? A cette question aussi centrale qu’un commissariat,
mon imagination a tenté de trouver des réponses. Ainsi, j’ai pensé à une
commission occulte, une sorte de «Conseil des exfiltrations urgentes» qui se réunirait
dans un cabinet nécessairement noir, tout juste éclairé par une lampe à pétrole
(bien évidemment) et qui déciderait par vote à chéquiers levés de qui doit
être gardé, ici, à vue et de qui sera mis illico presto dans le premier avion
en partance pour l’immunité et pour un ciel dégagé de tout minaret
encombrant. Et dans ce cadre, l’une des réalisations principales de ce C.E.U,
de ce Conseil des Exfiltrations Urgentes, c’est une trémie gigantesque. La
plus grande d’Afrique. On n’en trouve même pas d’aussi grande en Égypte,
c’est dire ! Une trémie construite sous l’aéroport internationale, et qui
permet d’évacuer sans trop de vagues ceux qui auront eu le feu vert de la
commission pour aller respirer un autre air. Moins vicié. C’est novateur dans
un pays jusque-là uniquement spécialisé dans les ponts aériens. Là, si ma
théorie s’avère fondée, nous serions en face d’une première en matière
d’ouvrages d’art, de constructions pharaoniques : le jumelage entre un pont
sous-terrain et un pont aérien ! Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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