samedi 06 fevrier 2010
Accueil | Edition du jour
 

Actualités
Périscoop
Régions
Culture
Vox populi
Sports
LE SOIR NUMÉRIQUE & SAT
Chronique du jour
Pousse avec eux
Edition du jour
 
Nos archives en HTML


Moussa et la théorie du feu !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Corruption et blanchiment d’argent sale. Les économistes sont formels. L’Algérie est passée de pays émergent à pays… 

… détergent !

Ô ! Ce n’est pas une divergence fondamentale. De celles qui vous séparent irrémédiablement les hommes. De celles qui vous empêchent de voir ce qui vous rassemble. Non ! C’est juste une petite, une riquiqui divergence. Un point de détail comme dirait l’autre affreux. Voilà les faits. En conférence de presse, Moussa Touati a affirmé devant un parterre de journalistes : «Le pouvoir est en train de tuer l’Algérie à petit feu.» C’est là ! C’est juste là que se niche cette divergence entre Moussa et moi. Les dimensions réelles du feu. Vous voyez, pas vraiment de quoi réveiller Jeanne et la refaire monter sur le bûcher. Mais comme je suis un accroc des détails, fussent-ils les plus infimes, je ne pouvais laisser passer celui-là. Touati estime que le régime de bananes qui nous non-gouverne est en train de nous tuer à petit feu. Et là, j’ai une envie furieuse de lui poser la question qui me … brûle les lèvres : en vertu de quoi lui, Moussa décrète que ce feu destructeur est petit ? Calorifiquement parlant, Moussa a-t-il les instruments fiables à 100% pour décréter que le feu est minuscule ? Comment peut-il être certain que le foyer qui nous brûle le fait à une vitesse de combustion réduite ? Il suffit pourtant juste de sortir dans la rue, d’aller aux courses, d’avaler un café dans un lieu public pour mieux mesurer la vitesse réelle du feu qui détruit les Algériennes et les Algériens. Et à faire ça tous les jours, pas seulement à Alger, j’avoue n’avoir rencontré que de gros braséros, des foyers allumés à grande échelle, jamais un petit feu alimenté par des brindilles ou des buchettes ridicules. Le petit feu en Algérie est une denrée rare, pour ne pas dire introuvable. Comparé aux gros, aux énormes feux disponibles partout, à disposition et dont les stocks sont régulièrement renouvelés. Alors, où Moussa a-t-il réussi à dénicher un petit feu destructeur ? De cette question tourmentante, je m’en suis confié à un ami de la Protection civile, un pompier. Et lui m’a plutôt surpris. Il estime que c’est Touati qui, dans le fonds, a raison. Voyant mon étonnement, et surtout ma déception face à lui que je croyais vraiment être un ami, mais qui prenait fait et cause pour Touati, le pompier m’a patiemment expliqué que Moussa avait raison pour la simple et bonne raison que les petits feux sont plus mortels que les grands. «Un grand feu, tu crames tout de suite. Avec un petit, tu rôti plus longtemps, donc tu souffres plus», a-t-il tenu à ajouter pour définitivement me convaincre. Résultat des courses, c’est grâce à un ami pompier que la petite divergence avec Si Moussa a été aplanie. Je suis finalement d’accord avec lui sur la dynamique de combustion de l’Algérie. Le pouvoir nous tue bien à petit feu. Sur l’atroce durée. Alors, puisque ça va encore durer, autant prendre le temps de rajouter à la combustion générale en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com

Nombre de lecture : 4178

  Édition papier
Lire le journal en PDF

Télécharger la version compressée

CE QUI S’EST RÉELLEMENT PASSÉ À TIBHIRINE

Télécharger

 

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site