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Corruption et blanchiment d’argent sale. Les économistes
sont formels. L’Algérie est passée de
pays émergent à pays…
… détergent !
Ô ! Ce n’est pas une divergence fondamentale. De celles qui vous séparent
irrémédiablement les hommes. De celles qui vous empêchent de voir ce qui vous
rassemble. Non ! C’est juste une petite, une riquiqui divergence. Un point de
détail comme dirait l’autre affreux. Voilà les faits. En conférence de presse,
Moussa Touati a affirmé devant un parterre de journalistes : «Le pouvoir est en
train de tuer l’Algérie à petit feu.» C’est là ! C’est juste là que se niche
cette divergence entre Moussa et moi. Les dimensions réelles du feu. Vous voyez,
pas vraiment de quoi réveiller Jeanne et la refaire monter sur le bûcher. Mais
comme je suis un accroc des détails, fussent-ils les plus infimes, je ne pouvais
laisser passer celui-là. Touati estime que le régime de bananes qui nous
non-gouverne est en train de nous tuer à petit feu. Et là, j’ai une envie
furieuse de lui poser la question qui me … brûle les lèvres : en vertu de quoi
lui, Moussa décrète que ce feu destructeur est petit ? Calorifiquement parlant,
Moussa a-t-il les instruments fiables à 100% pour décréter que le feu est
minuscule ? Comment peut-il être certain que le foyer qui nous brûle le fait à
une vitesse de combustion réduite ? Il suffit pourtant juste de sortir dans la
rue, d’aller aux courses, d’avaler un café dans un lieu public pour mieux
mesurer la vitesse réelle du feu qui détruit les Algériennes et les Algériens.
Et à faire ça tous les jours, pas seulement à Alger, j’avoue n’avoir rencontré
que de gros braséros, des foyers allumés à grande échelle, jamais un petit feu
alimenté par des brindilles ou des buchettes ridicules. Le petit feu en Algérie
est une denrée rare, pour ne pas dire introuvable. Comparé aux gros, aux énormes
feux disponibles partout, à disposition et dont les stocks sont régulièrement
renouvelés. Alors, où Moussa a-t-il réussi à dénicher un petit feu destructeur ?
De cette question tourmentante, je m’en suis confié à un ami de la Protection
civile, un pompier. Et lui m’a plutôt surpris. Il estime que c’est Touati qui,
dans le fonds, a raison. Voyant mon étonnement, et surtout ma déception face à
lui que je croyais vraiment être un ami, mais qui prenait fait et cause pour
Touati, le pompier m’a patiemment expliqué que Moussa avait raison pour la
simple et bonne raison que les petits feux sont plus mortels que les grands. «Un
grand feu, tu crames tout de suite. Avec un petit, tu rôti plus longtemps, donc
tu souffres plus», a-t-il tenu à ajouter pour définitivement me convaincre.
Résultat des courses, c’est grâce à un ami pompier que la petite divergence avec
Si Moussa a été aplanie. Je suis finalement d’accord avec lui sur la dynamique
de combustion de l’Algérie. Le pouvoir nous tue bien à petit feu. Sur l’atroce
durée. Alors, puisque ça va encore durer, autant prendre le temps de rajouter à
la combustion générale en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui
continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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