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Ouyahia : «Une enveloppe conséquente sera allouée à
la lutte contre la corruption.»
Encoooooooooooooore des enveloppes ?
Dans le Soir d’Algéried’hier, samedi. En page deux, Periscoop. Temmar,
ministre de l’Industrie, serait absent pour cause de convalescence en Suisse
après une intervention subie il y a un mois. Je suppose que le plus important
dans cette information, c’est l’absence du territoire national d’un responsable
important dans le dispositif gouvernemental. Pourtant, à mes yeux, il y a plus
important. Il y a la Suisse. Il y a cette Suisse. A force de lire et d’entendre
que nos dirigeants se soignent, se reposent et disposent de propriétés en
Suisse, j’ai l’impression, de plus en plus tenace, que la Suisse est devenue la
49e wilaya d’Algérie. C’est fou cette facilité déconcertante qu’ont les gens de
ce régime à se rendre en Suisse. Ils vont en Suisse comme vous, vous vous
rendriez à Boumaâti, dans la banlieue est d’Alger, en bus Karsan. Ils doivent
d’ailleurs aller en Suisse plus facilement que vous ne vous rendez à Boumaâti,
car eux n’attendent pas le Karsan des heures à l’arrêt. C’est plutôt l’avion qui
les attend pour décoller. Faudra bien qu’on m’explique ce lien magique de nombre
de nos dirigeants avec la Suisse. On dirait presque que ce pays a été créé sur
mesure pour eux. Au moindre petit bobo, allez ! hop ! je vais me faire charcuter
en Suisse. Au moindre coup de fatigue, allez ! hop ! je vais me faire une petite
convalescence en Suisse. Au moindre vide dans le frigo ou dans le dressing,
allez ! hop ! je vais faire du shoping en Suisse. C’est quoi cette Suisse à la
fin ? Ils l’ont eue en héritage ? C’est un legs dont nous n’aurions pas été
informés ? Ils sont conventionnés avec la Suisse ? Faut qu’on me dise quand même
! Moi, la dernière fois, c’était en décembre, j’ai voulu aller en France. Je
n’avais pas mis les pieds hors de mon pays depuis quatre ans (je le précise pour
les flics, comme ça ils pourront vérifier sur les fiches de sortie). Eh bien
pour une virée à Paris, il m’a fallu cavaler comme un dément. Rendez-vous au
consulat de France pour les formalités de visa. Trouver de l’argent pour le
billet et pour changer quelques dinars. Et ensuite, sur place, sauter des repas
afin de ramener quelques petites gâteries aux enfants. Et ce qui devait être un
petit voyage, histoire de couper, s’est vite transformé en «oûkouba» , en
calvaire ! Purée ! Comment font-ils, eux, pour aller en Suisse pour un oui ou un
non ? Quelle est leur filière ? Non ! Non ! On ne va pas me l’enlever de la
tête. Je vais finir par croire à cette histoire qui se raconte ici sous le
manteau. L’existence depuis l’aube de l’indépendance d’un couloir secret que
seuls nos hauts dignitaires peuvent emprunter et qui leur permet d’aller et
venir entre Alger et Genève comme bon leur semble. Sinon, autrement, je ne vois
pas comment ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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