Le mois de février risque d’être celui des débrayages en série dans le secteur de l’éducation. Toutefois, et bien qu’ils soient en phase quant à la nécessité d’un large mouvement de grève, les syndicats autonomes renoueront avec la protesta en rangs dispersés. Et ce, contrairement au mois de novembre dernier, où leur action résultait d’un seul mot d’ordre de grève. F.-Zohra B. - Alger (Le Soir) - Le secteur de l’Education risque encore une fois d’être paralysé dans les prochains jours. Et pour cause, les syndicats autonomes estiment que leurs revendications ont été mises aux oubliettes par la tutelle. Toutefois, les syndicats ne sont pas parvenus à opter pour une action commune, à l’instar de celle qui avait paralysé le secteur pendant 21 jours en novembre dernier. L’arrêt de la grève, après un accord conclu entre des syndicats et la tutelle, n’a pas été apprécié, notamment par le Syndicat des travailleurs de l’enseignement et de la formation (Satef). «Les incidents qui ont suivi la grève de novembre dernier ne peuvent être effacés d’un seul trait. Nous ne faisons pas confiance à certains syndicats qui avaient décidé d’une interruption de la grève après des contacts avec les responsables du ministère de l’Education. Nous ne voulions pas arrêter la grève sans de solides garanties», a déclaré M. Sadali, secrétaire général du Satef. Il précisera, par ailleurs, qu’une grève commune est à conditionner par un engagement des autres syndicats, qui, selon M. Sadali, devront signer un accord stipulant qu’il ne pourra être mis fin au mouvement de débrayage avant que les revendications des travailleurs ne soient satisfaites. «Pourquoi ces syndicats ont-ils interrompu la grève en novembre pour la reprendre aujourd’hui ?», s’est interrogé M. Sadali. Le syndicaliste dira, par ailleurs, que «la base exprime actuellement son mécontentement et une action de consultation a été engagée en vue de décider d’un éventuel mouvement de protestation dans les prochains jours». Pour sa part, M. D’ziri, de l’Unpef, estime que le seul accord qui pourrait être conclu pour une action de protestation ne se fera qu’avec le Cnapest. «Nous nous sommes réunis avec les syndicalistes du Cnapest et nous maintenons notre plateforme de revendications. Nous n’entamerons donc de grève qu’avec ce syndicat. Nous tiendrons notre conseil national les 14 et 15 du mois en cours, pour évoquer la possibilité d’un débrayage pour le 25 février», a annoncé M. D’ziri. Par ailleurs, si le Snapest a arrêté la date du 16 février pour une grève reconductible, le syndicat n’a pas exclu un débrayage commun avec les autres syndicats. Le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) a décidé, pour sa part, de deux journées de protestation au cours de ce mois et d’un rassemblement devant le palais du Gouvernement. M. Idir, du CLA, dira toutefois que ces actions dépendent d’une concertation avec les autres syndicats. «Nous devons dépasser nos subjectivités et nous unir pour un seul mouvement de protestation. De toutes les manières, l’histoire jugera les positions des uns et des autres», a déclaré M. Idir. F.-Z. B.
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