mardi 02 mars 2010
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Le problème, c’est pas les acteurs, c’est les scénaristes !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Que suscite en moi la thèse d’un acte dément ?

Un fou rire !

Le cinéma algérien est malade. Et moi, ici, dans cet espace, je prétends haut et fort savoir où se situe le mal. Oui M’sieur ! Je ne suis pas cinéaste, je ne suis pas réalisateur, je ne suis pas producteur, je ne suis pas acteur et je ne suis pas critique cinéma, mais je sais où est le problème du cinéma algérien. Je le sais parce que je consomme comme vous tous, malgré moi ce cinéma-là depuis des lustres. Et avec le temps, mon œil est devenu averti. Et, c’est connu, un œil averti en vaut deux. Alors, avec mes deux yeux, aidés de ma bouche bien sûr, je peux aujourd’hui vous dire et vous affirmer que le problème du cinéma algérien, ce ne sont pas les acteurs. Nous avons des acteurs d’excellente facture proforma. Ce ne sont pas les moyens. Nous avons les moyens qu’il suffit juste d’aller chercher à Sonatrach. Ce ne sont pas les décors. Nous avons des décors merveilleux, à couper le souffle définitivement. Non ! Tout cela, nous l’avons. Par contre nous n’avons pas de bons scénaristes. Ah ! Les scénaristes ! Voilà ce qui nous fait défaut. Lorsqu’on voit ce qui nous est servi comme films, au moins depuis 1992, lorsqu’on constate la médiocrité des trames qui nous sont données à voir, on ne peut que conclure à la médiocrité des scénaristes. Prenez un genre particulier, le polar. Dans nos films à nous, l’assassin est toujours un proche de la victime ou travaille sous ses ordres. Il arrive presque tout le temps brutalement et armé sur ce qui va devenir la scène du crime, alors que cette scène du crime est déjà pleine à ras bord de gens armés jusqu’aux dents et dont le métier est de tirer sur tout ce qui bouge dans le mauvais sens. Il tire quelques balles, blesse quelques témoins et s’en tire avec des écorchures, avant de passer sur le divan d’un psychiatre. Lequel psy conclura, presque invariablement, à l’acte isolé d’un dément. M’enfin ! Que les scénaristes aient recours à ce genre de scénario rachitique une fois, deux fois à la rigueur, mais toutes les fois, ça devient lassant à la fin. Voilà ! C’est là que réside le problème de notre production cinématographique. Et si les scénaristes et tous ceux qui sont censés nous divertir ne font pas attention à ces dérives, il ne faudra pas ensuite qu’ils viennent déplorer l’absence de spectateurs dans les salles. L’Algérien est un féru de cinéma. Il a l’œil du spécialiste. On ne peut pas lui fourguer n’importe quoi. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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