lundi 15 mars 2010
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Kofr ! Kofr ! Kofr !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

A Ferrat qui m’a fait aimer la montagne avant que... 

... les tangos ne me la fassent détester !

«Grâce» au ministre du culte qui répondait à des questions de journalistes à partir de Constantine, nous apprenons que les études pour la réalisation de la Grande-Mosquée d’Alger sont terminées. Et que la chose va passer à la phase de réalisation dès le bureau d’études sélectionné. Un mot, un seul mot envahit ma bouche et veut en sortir violemment à l’évocation de ce projet de grande mosquée : kofr ! Je n’en trouve pas d’autre. Pourtant, je sais la langue arabe est riche en mots, en adjectifs et en expressions pouvant exprimer une palette immense de sentiments et de sensations, mais là, c’est le seul qui emplit le mieux ma bouche. Kofr ! Kofr ! Kofr ! L’idée même de lancer la construction de cette mosquée pharaonique est une agression caractérisée contre l’entendement citoyen. Nous sommes en hiver. Des quartiers de plusieurs villes et villages du pays se sont embrasés littéralement sur la question du logement. Des familles entières sont en ce moment même juchées sur des camions et des amoncellements de meubles en partance floue et largement filmée pour des cités encore plus floues de relogement, alors que des milliers d’autres familles vivent dans des caves ou des cages d’ascenseur, et l’on vient, de temps à autre, officiellement, nous donner des nouvelles de cette Grande-Mosquée d’Alger ? C’est quoi ? Si ce n’est pas kofr, c’est quoi alors ? Faut-il à ce point n’avoir franchement pas marqué l’histoire pour s’en remettre à un marqueur architectural dans l’espoir que les esprits retiennent la longueur d’un minaret comme réalisation concrète d’un triple mandat vide d’érections ? Il n’y en a pas un — et je dis bien pas un seul — parmi les agglutinés autour de la maquette pour dire «aya ! Barakat ! Moi, j’arrête ! Inaâl bouha khadma ! Je me casse ! Je démissionne pour ne pas cautionner cette agression ». Pas une voix pour exiger que les millions de sacs de ciment, de sable, de plâtre destinés à ce Grand Blasphème immobilier doivent aller à ces millions de couples devenus vieux et totalement vidés d’espoir à force de reculer les dates de leur mariage ? Ya soubhan Allah ! D’accord ! La crise du logement n’est pas subitement née le 16 avril 1999. Mais faut-il pour autant en rajouter une couche de béton et obliger les sans-logis à supporter l’insolence de cette mosquée dans laquelle ils n’iront jamais prier, mais aux portes de laquelle ils risquent fort de mendier un jour ? Kofr ! Kofr ! Kofr ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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