mercredi 24 mars 2010
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L’oignon d’abord, ensuite, on verra !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

C’est déjà le tube de ce printemps. Et en été, il fera fureur : «Appelez-moi quand vous voulez, je suis dispoooooooonible !»

Cheb Saïd !

Trois faits qui, en apparence, n’ont rien à voir entre eux. La confirmation des quatre mois de prison ferme à l’encontre de Benyoucef Mellouk. Le ministre de la mauvaise santé qui annonce que la matraque administrative va très franchement s’abattre sur la tête des médecins grévistes. Et l’oignon à 110 dinars hier sur la plupart des marchés du pays. Puzzle aux morceaux inconciliables ? Pas si sûr. Car entre ces trois éléments, apparemment étrangers les uns aux autres, il y a un dénominateur commun. Un régime de bananes surgelées qui n’arrive pas à faire bouffer à un prix raisonnable de l’oignon au troupeau qu’il promène d’une illusion à une promesse non tenue, ce régime-là n’a pas le droit de condamner Mellouk à 4 mois de prison ferme. Et il ne peut pas non plus jouer de ses ridicules biscoteaux sous le nez des toubibs. Quand au bout de 46 ans d’indépendance proclamée, on n’arrive pas à gérer «el bassla » hachakoum, on devrait moins la ramener sur Mellouk, un homme seul face à la justice indépendante des justiciables, et moins la ramener aussi sur les médecins qui, malgré un secteur moribond, nous maintiennent encore en vie, vaille que vaille, face à la lente agonie que nous impose un pouvoir qui se soigne à l’étranger. Très humblement, de manière presque contrite, j’ose ce petit conseil : apprenez d’abord à gérer l’oignon. Si ! Si ! Je vous assure ! Ça s’apprend aussi. Ça s’appelle de la gouvernance. Et au point où on en est, il n’y a vraiment plus aucune honte à avouer avoir totalement échoué à gérer «labssal». Un aveu qui, finalement, ne viendra que s’ajouter à la série, déjà impressionnante, d’aveux d’échecs homologués en public. Mode d’emploi : «Bonjour Monsieur ! J’ai eu la prétention prétentieuse de gérer ce pays. Mais je me suis cassé la gueule lamentablement. La preuve, l’oignon se vend aujourd’hui à 110 dinars.» Une fois cet aveu fait, une fois ce recadrage opéré, on peut éventuellement discuter du reste. Mais pas avant. Surtout pas avant ! Je ne peux pas sérieusement écouter quelqu’un qui menace des médecins de représailles, sachant que «ce quelqu’un» ne sait pas gérer un pied d’oignon, et sachant aussi que «ce quelqu’un» avant de devenir ministre de notre mauvaise santé était ministre de notre très mauvaise agriculture. C’est comme ça ! L’oignon d’abord, ensuite on verra. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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