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Le numéro 2 du FBI a séjourné à Alger. Que peut-on
tirer comme conclusion de sa mission chez nous ?
C’est encore trop tôt. Il faudra attendre…
… 9 mois !
Algérie, printemps 2032. Le projet d’autoroute Est- Ouest a été abandonné
depuis un moment déjà. En 2028, les petits enfants des maîtres d’œuvre ne se
sont pas entendus avec les neveux des banquiers sur la commission à verser aux
groupes du BTP bengalais qui ont remplacé les Chinois et Japonais, devenus trop
gourmands en 2022. L’eau coule enfin à flots dans les foyers algériens, en H22,
un ancien Premier ministre, répondant au nom aujourd’hui oublié d’Ahmed Ouyahia
ayant ponctionné le fuseau horaire du pays de deux heures pleines dans un accès
d’austérité incontrôlée. La dernière rame rouillée du métro qui n’a jamais été
mis en circulation a été descellée au début de cette année 2032, un soir, sous
les acclamations d’une population soulagée de pouvoir enfin faire fondre un peu
de métal pour se fabriquer des boucliers anti-forces anti-émeutes. Le squelette
du dernier thon rouge pêché illégalement dans nos eaux troubles par un pêcheur
turc borgne et unijambiste est exposé dans le musée de la Marine, un musée fermé
au lendemain de son inauguration en 2010, en signe de deuil après la cinglante
élimination de l’équipe nationale de football en Coupe du monde et le quintuplé
historique réussi, alors, par un attaquant anglais répondant au nom aujourd’hui
oublié de Rooney. Et en ce printemps 2032, l’occupation favorite des Algériennes
et des Algériens, mis à part l’émeute quotidienne, c’est de s’adosser à un mur,
un gobelet de café à la main et de regarder passer les 4X4 des propriétaires
américains de la seule entreprise du pays encore debout, Sonatrach. Les Texans
viennent de manière cyclique faire le plein et repartent, non sans aller, avant
leur décollage, se recueillir à El-Alia sur toute une série de tombes où
reposent quantité de leurs grands amis algériens. Et entre deux passages à la
pompe des Amerloques, les habitants de cette Algérie de 2032 guettent. Que
guettent-ils ? La diffusion tous les trois mois, à la même heure, du communiqué
du ministère de la Justice qui demande aux autorités britanniques d’extrader la
dépouille d’un mec décédé il y a longtemps et ayant répondu de son vivant au nom
aujourd’hui oublié de Moumene Khalifa. Une demande à chaque fois rejetée par les
Anglais. Algérie 2032. Tout va normal ! Je fume du thé transgénique et je reste
éveillé dans ma cabine de pressurisation à 4 barres, le cauchemar en 4D
continue.
H. L.
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