samedi 17 avril 2010
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Pourquoi vos enfants n’embarquent-ils jamais à bord d’un Magirus Deutz ?

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Cette chronique est dédiée au lieutenant Ikmel. Paix à son âme d’enfant mort pour que d’autres enfants vivent en paix… 

… au Club-des-Pins !

J’ai toujours le même pincement au cœur lorsque je croise un convoi militaire en partance pour une mission de ratissage. Comme celle qui a lieu en ce moment dans l’Akfadou. De voir certains visages de bidasses encore un peu enfants, je me dis «pourquoi ?» Oui ! Pourquoi envoyer au casse-pipe des jeunes militaires, les faire crapahuter dans les monts, leur faire risquer leur vie tous les jours ? Pourquoi ? Pour mater du tango ? En théorie, ça sert à ça. Mais en pratique, on envoie au charbon ardent des gamins dont certains reviendront entre quatre planches pour, ensuite, à l’approche d’une échéance électorale, une présidentielle, une législative ou une communale ou les trois à la fois, constater que l’appel de l’urne pèse plus lourd que la vie de l’appelé. Ce n’est pas un scénario inventé. Il a déjà eu lieu. A l’approche d’au moins deux présidentielles, les portes des prisons ont été largement ouvertes, et en sont sortis les doigts en V de la victoire des terroristes précédemment pris dans les filets de l’ANP. Alors, pourquoi ? Pourquoi ces files de Magirus Deutz sur nos routes, ces enfants assis sur les deux rangées de bancs, le fusil entre les jambes si c’est pour remettre en liberté ceux qu’ils auront réussi à choper au prix de mille périls ? On peut avoir un début de réponse grâce à un petit décompte. Un calcul simple, bête à pleurer de rage. Combien d’enfants de présidents de la République, de présidents d’Assemblée nationale, de Sénat, de ministres, de super-conseillers et de notables notoires du régime ont eu, un jour, leurs enfants embarqués dans un Magirus Deutz et envoyés en opération de ratissage ? Combien ? Je pose la question. La réponse peut éclairer sur le fait que l’on relâche aussi facilement les tangos arrêtés. Parce que ce ne sont pas les enfants de ceux qui nous dirigent qui risquent tous les jours leur vie. C’est trivial ? Vous pensez que c’est même primaire comme raisonnement ? Y’a pas plus trivial et plus primaire que la mort. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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