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Chakib Khelil. Un ministre…
… assis sur un volcan !
C’est un comble ! Il ne manquait plus que ça ! C’est le bouquet ! Alors là,
c’est la goutte qui fait déborder le vase. Je dirais même plus, c’est le vase
qui fait déborder la goutte et le cholestérol. Pourquoi toutes ces formules ?
Qu’est-ce qui a provoqué ainsi mon ire ? Je m’en vais vous le dire. Plutôt deux
fois qu’une. Et même trois ! J’ai lu de mes yeux éberlués un communiqué des
autorités se félicitant de la mobilisation citoyenne à Boghni, mobilisation
ayant permis la libération d’un octogénaire kidnappé par les tangos. Les mêmes
autorités ont poussé le bouchon de mauvais liège jusqu’à rendre hommage à la
ténacité et au courage des habitants de la région face aux hordes intégristes.
Eh ben mince alors ! Tout le monde a le droit de féliciter les habitants de
Boghni. Femmes et hommes. Même les animaux ont le droit de s’incliner devant
cette mobilisation. Chiens. Chats. Vaches. Brebis. Moutons. Coqs. Poules. Même
les grenouilles des marais glauques. Même les lampadaires qui n’ont jamais été
réparés. Même les plaques de signalisation rouillées. Même la vieille fontaine
asséchée depuis des lustres. Même la vénérable girouette qui n’a plus la force
de tourner malgré les efforts du vent. Même l’abri-bus déglingué qui n’abrite
plus personne. Tous ont le droit moral de féliciter les habitants de Boghni.
Tous, sauf les autorités du pays. De quel droit ceux qui libèrent les
terroristes viennent-ils, aujourd’hui, rendre hommage à ceux qui les combattent
vraiment, sans faire de cinoche ? Comment peut-on décemment rendre leur liberté
et leur marge de nuisance aux assassins et dans le même temps accrocher des
médailles sur la poitrine des patriotes de Boghni ? C’est pas le même combat,
yal' khawa. On ne peut pas être le rémouleur des couteaux intégristes et donner
l’accolade à ceux qui leur descendent le froc ! C’est intenable comme position.
Le plus complet des manuels de Kâma-sûtra n’a pas prévu un tel degré de
contorsionniste. Un peu de décence ! Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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