mardi 18 mai 2010
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Le Soir des Livres
Contribution
Culture
Chronique du jour
Pousse avec eux
Edition du jour
 
 
 
Nos archives en HTML


Je vous écris ces quelques lignes…


Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Pourquoi Abdekka n’emmène-t-il pas Belkhadem avec lui en Iran ? Parce qu’on ne saurait pas…

… de quel côté de la table des discussions installer
l’empastillé !

On a beau y être préparés depuis des lustres, ça surprend toujours ! Et dimanche, tout comme ces nombreux lecteurs et lectrices qui ont eu la gentillesse de m’écrire sur le sujet, j’en avais le souffle coupé. 20 heures. Journal télévisé de l’Unique chaîne de télévision Unique du pays. On nous informe qu’Abdekka se rend en Iran. Jusque-là, ça va ! Pas de quoi se faire fouetter avec une cravache en soie par Zahia D. Par contre, c’est après que David Vincent intervient. Le présentateur du JT nous lit sentencieusement, scrupuleusement, méticuleusement, toutes les lettres que Boutef’ a envoyées aux chefs d’État et de gouvernement dont il traversait l’espace aérien durant son voyage vers Téhéran. Mazette ! Ça a duré un bail, vu que l’Iran par rapport à l’Algérie, ce n’est tout de même pas la porte à côté. Et du coup, j’imagine la mine éberluée des millions d’Algériennes et d’Algériens qui tentaient, tant bien que mal, de suivre ce parcours épistolaire. Tiens ! Là, il vient de poster une lettre au président Flen. Tiens ! Là, il vient de balancer une petite bafouille à son homologue Feltène. Tiens ! Là, c’est autour de sa consœur Flania de recevoir un petit mot de lui. Ça n’a pas arrêté. Et au bout, je ne voyais plus l’avion présidentiel comme un simple appareil, un banal aéroplane, mais plutôt comme un bureau de poste grouillant d’activité, une ruche bourdonnante d’où partent quantité de lettres à destination de quantité de chefs d’État et de têtes couronnées et enturbannées. Et là, on comprend bien ce que veut nous dire l’Unique chaîne de télévision Unique du pays. Contrairement aux quidams qui prennent l’avion comme des bœufs, qui s’assoient dans leurs sièges et n’en foutent pas une, Abdekka, lui, voyage utile. Il ne vole pas à blanc. Il rentabilise à fond ses heures de vol. Il écrit. Il entretient sa correspondance. Il ne laisse pas s’amonceler son courrier. Eh bien, voyez-vous, moi, ça me rassure un peu. Ça me rassérène même ! Je sais au moins où vont une partie des impôts que je paie. Dans les rames de papier à lettres, dans les enveloppes et dans les timbres qu’utilise notre cher président lorsqu’il envoie du courrier de son avion. Et en plus, en ces temps de chômage galopant, Abdekka crée des emplois. Vous imaginez un peu le nombre de facteurs volants qu’il a fallu embaucher pour livrer à partir d’un avion tout ce courrier ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Nombre de lecture : 4992

  Édition papier
Lire le journal en PDF

Télécharger la version compressée

CE QUI S’EST RÉELLEMENT PASSÉ À TIBHIRINE

Télécharger

 

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site