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Saâdane va apporter quelques correctifs à la composition
des Verts.
Ghezzal et Djebbour en défense !
Les gens font la gueule. Ils tirent la tronche et commencent même à tirer la
langue vu la température caniculaire qui sévit en ce moment. Les rues sont
sales, et les poubelles exhalent déjà leurs fameux remugles, «fruit» pourri de
l’été chaud et de la macération des déchets ménagers. Bref ! C’est le tableau de
désolation habituel. Pourtant, dans ce décor de fin du monde toujours
recommencée, il y a un homme heureux. Mieux ! C’est l’homme le plus heureux du
pays. Et son bonheur, il veut nous le communiquer. En nous informant. Ce dont
nous le remercions d’ailleurs vivement. Et que nous dit cet homme heureux et
encore plus heureux de nous raconter son bonheur ? Il nous informe qu’il y a de
cela à peine quelques heures, lui, Amar Tou, homme qui ne fait jamais les choses
à moitié, plus connu sous le doux sobriquet de «Si Amar la Joie», a essayé deux
rames du métro d’Alger sur un tronçon en aller et retour entre la station
«Jardin d’Essai» et celle dite «1er-Mai». Vous comprendrez dès lors pourquoi je
n’hésite pas un instant à décerner à Si Amar la Joie le titre de personnage le
plus heureux du pays. Car cet homme est le seul à être monté dans un métro qui
fait fantasmer plus de 30 millions d’Algériennes et d’Algériens depuis des
décennies, le seul à s’être déplacé grâce à ce moyen de transport entre deux
stations que personne d’autre que lui n’a encore pu voir. En clair, et alors
qu’en haut, nous nous faisons cuir le crâne sous le soleil à courir après des
bus, des taxis, des sabots et des contraventions, alors que là-haut toujours,
les députés MSP n’en finissent plus de nous raconter en boucle comment ils ont,
à eux seuls, vaincu l’armée israélienne, alors que là-haut toujours et encore
son ex-collègue de l’énergie voit s’afficher à la Une du Soir la preuve écrite
et signée de ses gros mensonges, Amar La Joie, lui, fait mumuse en sous-sol,
dans les rames de son métro qui tortille sans bruit, dans une discrétion absolue
entre le Jardin des Essais jamais transformés et la place des Masseuses de Bain.
Le bonheur intégral, quoi ! Bien à l’abri du soleil ravageur, loin du tumulte de
la ville, en surface, dans la fraîcheur des dédales algérois, Amar La Joie joue
au train. Quel adulte normalement constitué n’a-t-il pas rêvé un jour de jouer
avec un train, hein ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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