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Le ministère du Commerce
tient à rassurer les Algériens :
«Tout a été fait pour que ce mois de Ramadan se déroule dans
d’excellentes conditions. Vous mangerez de la viande indienne
mijotée dans du concentré de tomates turque, le tout relevé
avec un zeste de citron espagnol. En dessert, des bananes
colombiennes. Et si vous êtes sages, en fin de soirée, vous
pourrez croquer des…
… pistaches d’Iran !»
Très sincèrement, je pensais que mon pays, au moins dans ce
domaine-là, avait retenu la leçon. Je constate que non ! Ce week-end,
des «émirs» du GSPC, des exégètes du terrorisme islamiste, des agents
recruteurs à la solde de la peste verte ont eu droit aux honneurs, aux
gros plans, aux strass, aux paillettes et au tapis rouge. Ces repentis,
rasés de près, lavés de frais, habillés de neuf et de repassé sont venus
s’asseoir dans de moelleux fauteuils en cuir marron mis à leur
disposition par la République généreuse, la fatcha, la mine visiblement
réjouie de voir étalés devant eux les signes de leur nouvelle
«importance», un bouquet de fleurs énorme, des cafés, des thés et de
l’eau minérale que vous et moi avons payés. Et ces Abou Ch’koupi dont je
ne veux même pas salir cet espace avec l’énonciation de leurs noms sont
venus nous ânonner une vieille rengaine que je croyais définitivement
rangée dans les greniers bourrés des erreurs stratégiques dans la lutte
antiterroriste. Se foutant visiblement de nos gueules, ces assassins en
rupture momentanée d’assassinats nous ont juré la main sur un cœur,
qu’ils n’ont pas, «s’être trompés, avoir pris un mauvais chemin». Serial
judas, ils ont perfidement balancé leurs «frères» des maquis, assurant
avec une voie doucereuse que, là-haut, ils n’étaient plus qu’une poignée
qui n’attendait qu’un signe, une œillade pour se coucher comme de bonnes
vieilles rombières qu’ils sont. Et nous avons marché dans ce bal même
pas masqué des impudeurs . Nous avons couru, comme nous courions hier,
la langue et le ventre à terre, fiers de nous asseoir en face de ces
nouveaux notables. Nous n’avons toujours pas honte de nous photographier
avec eux, leur octroyant ainsi, au passage, le label de people d’un
nouveau genre. Excusez ma vulgarité, mais c’est plus fort que moi, face
à la vulgarité, je ne peux être que vulgaire. Et à voir ça, à reluquer
malgré moi ces séances nauséeuses de «Secret Story» islamiste, j’ai la
confirmation que nous continuons allègrement à touiller dans la merde
verte. N’avons-nous toujours pas compris que ces deals mortels avec ces
muphtis pseudo rangés du massacre ne mènent à rien, ne rapportent rien,
sinon de donner à voir l’ambigu traitement de la question terroriste
chez nous ? M’enfin ! Qu’avez-vous à venir exhiber des capturés et à
leur offrir des salons luxueux d’où ils viennent lancer des
contre-fatwas à celles qu’ils balançaient des maquis ? Ne pouvez-vous
concevoir qu’une vermine verte arrêtée doit subir le traitement et les
peines que prévoie la loi en matière d’assassinat, d’incitation à
l’assassinat et d’association à bande à caractère criminel, à charge
pour les forces de sécurité de lui faire vomir tout ce qu’elle sait et
détient comme informations sur les maquis ? Comme le font ouvertement et
sans que cela crée scandale tous les services de sécurité de tous les
pays du monde, Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Espagne, Belgique,
Italie, et même cette douce et paisible Suède ? Non ! Nous, toujours
plus «intelligents», toujours à la pointe du progrès et de l’humanisme,
nous faisons bénéficier les fatawistes, les agents recruteurs de mort,
les soldats de l’ordre vert de la terreur du statut de «nouvelles stars»
passant de salons cossus en plateaux télé, de cabines de maquillage en
interviews bienveilleusement mielleuses. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar, plus que jamais, continue.
H. L.
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