Mardi 27 juillet 2010
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Vous vous rendez compte ? Le mouton
n’est pas une espèce protégée !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Pour se démarquer de son prédécesseur, le nouveau ministre
de la Solidarité a précisé que cette année,
 

le couffin du Ramadan sera fait en paille
tressée et non en plastique.
Choueeeeeette !

La chronique publiée hier et intitulée «Hyène un jour, hyène toujours !» a fait réagir de nombreux lecteurs. Et parmi eux beaucoup de scientifiques, de savants versés dans la zoologie. S’ils confirment effectivement qu’à aucun moment l’espèce «hyènes», tachetée ou rayée, n’a été réellement menacée de disparition en Algérie, ces scientifiques me font tout de même un reproche. Oh ! Pas un méchant reproche, non ! Juste un tout petit et gentil. En fait, ces aimables lecteurs me reprochent d’avoir uniquement évoqué les hyènes, et d’avoir ainsi porté préjudice à une autre espèce vaguement cousine, celle des chacals. S’il a pu y avoir dans l’esprit de certaines personnes l’ombre d’un doute sur la survie de l’espèce des hyènes sur notre sol, par contre, me précisent mes aimables interlocuteurs, il ne peut y en avoir s’agissant des chacals. Les chiffres sont encore plus édifiants en matière de chacals que d’hyènes. La population des chacals algériens n’a jamais baissé. Cette espèce de la famille des canidés a, au contraire, connu une hausse exponentielle de sa population depuis 1999. Mais l’intérêt scientifique de cet apport d’informations n’a vraiment lieu d’être que si on le replace dans le contexte d’une explication raisonnée et raisonnable à cette hausse jumelée des statistiques du nombre de chacals et d’hyènes en Algérie. S’il y a de plus en plus de chacals et d’hyènes chez nous, c’est dû à l’augmentation du nombre de… moutons ! Il fallait juste donc revenir à une règle de base en zoologie, celle de la prédation. Plus il y a de proies, plus les prédateurs prolifèrent. Et les derniers chiffres qui donnent près de 40 millions de têtes de moutons expliquent forcément l’augmentation qui en découle, celle des têtes de chacals et d’hyènes. Ajoutez à cela une réglementation pour le moins bizarre. Savez-vous que rien n’est prévu dans la loi algérienne contre les hyènes et les chacals qui s’attaquent aux moutons, les dépècent et les dévorent ? Moi non plus, je ne le savais pas jusqu’à cette lettre d’un garde-forestier. Le même monsieur très disponible m’explique qu’au contraire, le juriste algérien a prévu des sanctions pouvant aller jusqu’à des peines d’emprisonnement contre quiconque abattrait un chacal ou une hyène sans autorisation. Tout cela parce que ces deux espèces, chez nous, sont protégées. Très protégées. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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