Culture : CYBER-GALERIE DIDOUCHE-MOURAD
Fatima Chafâa ouvre sa «Boîte d'archives»


Dans la mythologie grecque, la boîte de Pandore contient tous les maux de l’humanité. La «Boîte d'archives» de Fatima Chafâa ne contient que de belles choses, même si, parfois, elles ravivent des souvenirs douloureux. Matoub Lounès y côtoie Rabah Asselah et Maurice Audin.
Fatima Chafâa ouvre au public sa «Boîte d'archives» à la Cyber-Galerie Didouche-Mourad à Alger. «L’exposition “Boîte d'archives” se veut quelque part une boîte de Pandore, d’où j’allierai mes souvenirs de lieux, de personnes, de villes et de pays. Elle est aussi une partie de ma mémoire personnelle ou sa partie somnolente restée réceptive et vigilante», explique la photographe et artiste plasticienne algéroise, lauréate en 2008 du Grand Prix du président de la République, le Prix Ali-Maâchi du jeune créateur. L’expo, ouverte jusqu’au 8 août prochain, est riche d’une trentaine de photographies dont aucune ne porte de titre ou de légende. «J’ai donné un titre à l’exposition parce que ce sont des souvenirs et des archives personnels que je voudrais partager avec les gens. Mais je n’ai pas voulu donner de titre aux photos elles- mêmes, car je veux laisser le soin à chacun de les interpréter à sa façon», nous a-t-elle expliqué lors du vernissage de cette exposition organisée par l’établissement Arts et Culture. Fatima Chafâa est diplômée de l’Ecole nationale des beaux-arts. En 2003, l’artiste français Ernest Pignon-Ernest a collé des portraits de Rabah Asselah et de Maurice Audin dans l’enceinte de cette école. Nous retrouvons les deux hommes dans deux photographies de cette «Boîte d'archives». Au village de ses parents, Toukval, près d’Adekar, dans la wilaya de Béjaïa, elle a photographié le portrait de Matoub Lounes dessiné par des taggers locaux sur le mur d’un café. A Alger et ailleurs, en ville comme à la campagne, ce sont aussi des instantanés de vie qu’elle propose au regard du visiteur de la galerie. Fatima Chafâa est également allée à l’étranger et nous a ramené des souvenirs de Marseille. Sur le chemin qui mène à la Basilique de Notre-Dame-de la Garde, elle remarqué une mosaïque antique brisée, avec l’inscription «Maria Auxiliadora. Ruega por nosostros». De sa «boîte d'archives», elle a donc sélectionné trente photos inédites prises ces dernières années, parfois presque en cachette. Ce sont, pour elle, «des photos volées au temps, aux événements dominants ; telle la photo de ce tableau représentant un enfant indigène à l’église du Sacré Cœur, cette tête de mannequin achetée aux marché aux puces de Marseille ou la photo de cette vieille kabyle pleine de dignité venue me montrer le chemin de montagne que j’ai du mal à trouver… ». Fatima Chafâa est née à Alger en 1973. Elle a travaillé comme photographe pendant plusieurs années avant de reprendre ses études à l’Ecole des beaux-arts d’Alger. Aujourd’hui, elle met toute cette expérience et tout ce savoir dans l’exercice de son art. Elle a animée un grand nombre d’expositions individuelles, fait des réalisations (fresques…) et participé à des expositions collectives en Algérie et à l’étranger. Ainsi, et à titre d’exemple, elle a participé à l’expo «Le panier à Marseille, La Casbah d’Alger» à la galerie District de Marseille en 2008 et à la 6e Rencontre des écoles d’arts de la Méditerranée en 2005. Fatima Chafâa a reçu en 2003 le prix de la Fondation Asselah, ainsi que la médaille de bronze à l’exposition «Graines de femmes tourmentées» à Alger, en 2006.
Kader B.

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