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L’ambassadrice de l’Union européenne à Alger plaide pour
atteindre avec les Algériens la zone de libre-échange en 2017. Et
moi, Madame, je milite très fort pour que nous arrivions…
…encore plus tôt à ce libre-échange !
Wallah que j’a honte ! Honte de venir oser vous parler ici de Mohamed Gharbi, le
moudjahid Patriote qui vient de voir sa peine de mort confirmée définitivement
par la justice définitivement indépendante de bladi laâziza. Eh oui ! Comment
puis-je venir vous importuner avec le dérisoire sort de cet homme-là, alors que
l’actualité, le sujet phare du moment, c’est le prix enfin connu de la star de
cet été, la viande indienne. Les autorités engraisseuses du pays ont enfin fixé
le barème. Pour un kilo de «l’ham Djanitou», il vous en coûtera entre 410 et 560
DA. Comment voulez-vous que le malheureux moudjahid et résistant à la vermine
verte, Gharbi Mohamed, puisse… résister à la concurrence du beefsteak indien ?
Impossible. Il serait malvenu de ma part de vous prendre la tête en voulant
attirer votre attention, toute braquée sur le romsteak Bollywood, pour vous
faire sentir l’énorme palier franchi par le régime de bananes qui nous gouverne
avec ce jugement définitif de Gharbi. Qu’a-t-on franchement à glander avec la
condamnation à la peine capitale d’un mec qui a commis la suprême faute d’avoir
défendu deux fois son pays, la première contre le colonialisme français, la
seconde contre le colonialisme islamiste ? Sur la sacrée viande indienne, vous
êtes sur elle, vous devez rester et ne surtout pas prêter attention à mes
divagations. Oui ! Je divague. Je croyais, gros bêta gâteux, que les serments
avaient encore une once de valeur. Surtout ceux faits au bord d’une tombe. Je
croyais que les promesses aux morts tiendraient plus solidement face aux
tentations terribles d’un méchoui indien. Je me trompais. La vie de Gharbi, son
combat, ses combats ne valent pas plus que 560 DA. D’ailleurs, qui encore
entendra les rares cris indignés quant au sort fait à Mohamed, à l’heure du
f’tour, des grands slurps et des rots généreux résonnant jusqu’aux berges du
Gange ? Personne ! Ou si peu. Juste d’autres gros bêtas gâteux comme moi. Non !
La viande, la viande et encore la viande donnée à manger aux moutons que nous
sommes pour que nous allions ensuite nous faire égorger allègrement par les
frères des montagnes. Mais stop ! Halte ! Je sens que je m’égare. Je risque
d’encore vous gâcher la joie toute naissante de notre coopération protéinique
avec New Delhi en osant revenir vous parler à la fin de cette chronique de
l’attentat kamikaze contre la gendarmerie d’Aït-Aïssi ou de l’attaque menée par
des tangos contre un fourgon cellulaire transportant des détenus islamistes.
Non, promis, je vous laisse à vos orgies indiennes, j’ai déjà assez fait de
conneries en évoquant, au tout début, Gharbi Mohamed. Souffrez alors que je me
contentasse, à l’heure de votre digestion, de juste fumer du thé pour rester
éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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