Samedi 31 juillet 2010
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Gharbi ? Pas plus cher qu’un kilo de viande indienne !


Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

L’ambassadrice de l’Union européenne à Alger plaide pour
atteindre avec les Algériens la zone de libre-échange en 2017. Et
moi, Madame, je milite très fort pour que nous arrivions…
 

…encore plus tôt à ce libre-échange !

Wallah que j’a honte ! Honte de venir oser vous parler ici de Mohamed Gharbi, le moudjahid Patriote qui vient de voir sa peine de mort confirmée définitivement par la justice définitivement indépendante de bladi laâziza. Eh oui ! Comment puis-je venir vous importuner avec le dérisoire sort de cet homme-là, alors que l’actualité, le sujet phare du moment, c’est le prix enfin connu de la star de cet été, la viande indienne. Les autorités engraisseuses du pays ont enfin fixé le barème. Pour un kilo de «l’ham Djanitou», il vous en coûtera entre 410 et 560 DA. Comment voulez-vous que le malheureux moudjahid et résistant à la vermine verte, Gharbi Mohamed, puisse… résister à la concurrence du beefsteak indien ? Impossible. Il serait malvenu de ma part de vous prendre la tête en voulant attirer votre attention, toute braquée sur le romsteak Bollywood, pour vous faire sentir l’énorme palier franchi par le régime de bananes qui nous gouverne avec ce jugement définitif de Gharbi. Qu’a-t-on franchement à glander avec la condamnation à la peine capitale d’un mec qui a commis la suprême faute d’avoir défendu deux fois son pays, la première contre le colonialisme français, la seconde contre le colonialisme islamiste ? Sur la sacrée viande indienne, vous êtes sur elle, vous devez rester et ne surtout pas prêter attention à mes divagations. Oui ! Je divague. Je croyais, gros bêta gâteux, que les serments avaient encore une once de valeur. Surtout ceux faits au bord d’une tombe. Je croyais que les promesses aux morts tiendraient plus solidement face aux tentations terribles d’un méchoui indien. Je me trompais. La vie de Gharbi, son combat, ses combats ne valent pas plus que 560 DA. D’ailleurs, qui encore entendra les rares cris indignés quant au sort fait à Mohamed, à l’heure du f’tour, des grands slurps et des rots généreux résonnant jusqu’aux berges du Gange ? Personne ! Ou si peu. Juste d’autres gros bêtas gâteux comme moi. Non ! La viande, la viande et encore la viande donnée à manger aux moutons que nous sommes pour que nous allions ensuite nous faire égorger allègrement par les frères des montagnes. Mais stop ! Halte ! Je sens que je m’égare. Je risque d’encore vous gâcher la joie toute naissante de notre coopération protéinique avec New Delhi en osant revenir vous parler à la fin de cette chronique de l’attentat kamikaze contre la gendarmerie d’Aït-Aïssi ou de l’attaque menée par des tangos contre un fourgon cellulaire transportant des détenus islamistes. Non, promis, je vous laisse à vos orgies indiennes, j’ai déjà assez fait de conneries en évoquant, au tout début, Gharbi Mohamed. Souffrez alors que je me contentasse, à l’heure de votre digestion, de juste fumer du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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