Mardi 10 août 2010
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Quoi qu’il en soit, ce n’est
pas Kaboul et ses bazars !


Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Manger de la viande algérienne présente un risque majeur pour
le…

…porte-monnaie !

Je sors à l’instant du tout nouveau tout flambant neuf centre commercial d’Alger, implanté dans le quartier de Bab Ezzouar. Ah ! Mais, y a des choses qu’il va falloir changer et très vite. En premier lieu, nos règles d’attribution aux étrangers des visas d’entrée sur notre territoire. Avec un bijou de centre commercial comme celui-là, nous allons être exposés fortement à l’immigration et aux flux de populations venues d’ailleurs. La proximité de ce centre d’affaires et de commerce avec la plage et la mer me fait même craindre l’arrivée massive des harraga européens, par flottilles de barques de tous calibres. Je pense que nos gardes-côtes doivent se voir vite dotés de moyens plus conséquents pour faire la chasse à cette immigration clandestine et aux réseaux de passeurs qui font fureur à partir de ports comme Marseille, Lampedusa ou Alicante. Bien évidemment, l’érection d’un mur de protection, sur le modèle de celui construit par les Espagnols, n’est pas encore à l’ordre du jour, mais il faut commencer à y penser très sérieusement. Car un centre commercial comme celui de Bab Ezzouar va jouer en véritable aimant. Déjà, lorsque j’en ai arpenté les couloirs, j’ai remarqué les premiers changements, les premières mutations. Figurez-vous que là-bas, lorsque quelqu’un vous heurte, il vous dit aussitôt «pardon !». Mais en français, jamais en arabe, en tamazight ou en indou, notre 3e langue nationale depuis peu. Si ! Si ! Je vous assure que c’est vrai. Au début de la visite, je n’y avais pas vraiment prêté attention, mais au fil des «pardon !» dits en français, j’ai tenté une expérience. J’ai volontairement heurté des gens. Et confirmation, mes compatriotes lorsqu’ils sont mis dans ce genre de décors, de complexes, se transforment soudainement en personnes super bien éduquées. Un peu comme lorsque nous sommes à Orly ou à Roissy et que «bizarrement», là-bas, contrairement à Houari-Boumediène, nous respectons les codes et conventions d’usage dans ce genre de lieux. Eh ben même chose à Bab Ezzouar. Tous polis ! Et tous avec des yeux ouverts et grands comme ça. Bien sûr que ça peut vous paraître bizarre comme ébahissement de ma part devant un centre commercial alors que le pays saigne sous les coups de boutoir des frères des montagnes. Mais encore plus bizarre, je pense très sérieusement que ce genre d’endroit, par sa topographie, par son esprit et par les habitudes de mélange social qu’il impose forcément peut être une réponse, une des nombreuses réponses à la tentative d’afghanisation ou de pakistanisation de l’Algérie. En clair, mah’ma ken el hal, quoi qu’il en soit, le centre commercial de Bab Ezzouar, ce n’est pas Kaboul. En cela déjà, moi j’applaudis. Tout en fumant du thé pour rester, quand même, éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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