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Manger de la viande algérienne présente un risque majeur pour
le…
…porte-monnaie !
Je sors à l’instant du tout nouveau tout flambant neuf centre commercial
d’Alger, implanté dans le quartier de Bab Ezzouar. Ah ! Mais, y a des choses
qu’il va falloir changer et très vite. En premier lieu, nos règles d’attribution
aux étrangers des visas d’entrée sur notre territoire. Avec un bijou de centre
commercial comme celui-là, nous allons être exposés fortement à l’immigration et
aux flux de populations venues d’ailleurs. La proximité de ce centre d’affaires
et de commerce avec la plage et la mer me fait même craindre l’arrivée massive
des harraga européens, par flottilles de barques de tous calibres. Je pense que
nos gardes-côtes doivent se voir vite dotés de moyens plus conséquents pour
faire la chasse à cette immigration clandestine et aux réseaux de passeurs qui
font fureur à partir de ports comme Marseille, Lampedusa ou Alicante. Bien
évidemment, l’érection d’un mur de protection, sur le modèle de celui construit
par les Espagnols, n’est pas encore à l’ordre du jour, mais il faut commencer à
y penser très sérieusement. Car un centre commercial comme celui de Bab Ezzouar
va jouer en véritable aimant. Déjà, lorsque j’en ai arpenté les couloirs, j’ai
remarqué les premiers changements, les premières mutations. Figurez-vous que
là-bas, lorsque quelqu’un vous heurte, il vous dit aussitôt «pardon !». Mais en
français, jamais en arabe, en tamazight ou en indou, notre 3e langue nationale
depuis peu. Si ! Si ! Je vous assure que c’est vrai. Au début de la visite, je
n’y avais pas vraiment prêté attention, mais au fil des «pardon !» dits en
français, j’ai tenté une expérience. J’ai volontairement heurté des gens. Et
confirmation, mes compatriotes lorsqu’ils sont mis dans ce genre de décors, de
complexes, se transforment soudainement en personnes super bien éduquées. Un peu
comme lorsque nous sommes à Orly ou à Roissy et que «bizarrement», là-bas,
contrairement à Houari-Boumediène, nous respectons les codes et conventions
d’usage dans ce genre de lieux. Eh ben même chose à Bab Ezzouar. Tous polis ! Et
tous avec des yeux ouverts et grands comme ça. Bien sûr que ça peut vous
paraître bizarre comme ébahissement de ma part devant un centre commercial alors
que le pays saigne sous les coups de boutoir des frères des montagnes. Mais
encore plus bizarre, je pense très sérieusement que ce genre d’endroit, par sa
topographie, par son esprit et par les habitudes de mélange social qu’il impose
forcément peut être une réponse, une des nombreuses réponses à la tentative d’afghanisation
ou de pakistanisation de l’Algérie. En clair, mah’ma ken el hal, quoi qu’il en
soit, le centre commercial de Bab Ezzouar, ce n’est pas Kaboul. En cela déjà,
moi j’applaudis. Tout en fumant du thé pour rester, quand même, éveillé à ce
cauchemar qui continue.
H. L.
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