LE SOIR NUMÉRIQUE & SAT : SATELLITE ET RÉCEPTION
LE JAPON SE LANCE DANS LA BATAILLE DE LA TÉLÉVISION EN 3D
Un dangereux concurrent : le voisin coréen


Les constructeurs japonais se sont récemment mis à produire des télévisions en trois dimensions. Selon certains, cette technologie provoquera le même choc que le passage du noir et blanc à la couleur. Mais face aux concurrents, notamment coréens, il ne sera pas facile de s'imposer à l'international. Le port de lunettes spéciales dissuade les consommateurs. Encore inimaginable il y a peu, la télévision en 3D pourrait bien devenir banale dans quelques années.
C'est en tout cas le pari que font les constructeurs japonais, Sony et Panasonic en tête. Le premier a lancé sa première télévision 3D en juin, alors que Panasonic en vend aux Etats-Unis depuis mars. La guerre des télévisions en 3D a bel et bien commencé au Japon, et l'enjeu est de taille. Les ventes de téléviseurs 3D devraient être plus de dix fois supérieures au niveau actuel d'ici quatre ans, selon les prévisions. Misant gros sur ce futur marché, Sony espère que 10% des 25 millions d'écrans LCD qu'elle vendra pendant la prochaine année fiscale seront des écrans 3D. Pour son président, Howard Stringer, la télévision en 3D est «la prochaine grande expérience de consommation», rapporte la BBC. Les télévisions 3D créent l'illusion de relief en diffusant alternativement des images pour l'œil gauche et pour l'œil droit du spectateur. Muni de lunettes spéciales, celui-ci n'y voit que du feu. La télévision est équipée d'un capteur lui permettant d'ajuster l'image et le son pour en optimiser la qualité en fonction de la position du téléspectateur dans la pièce. «Nous voulons libérer la 3D du confinement des salles de cinéma», a déclaré le vice-président de Sony, Yoshihisa Ishida, à la BBC, quelques mois après l'immense succès du film Avatar.
Un avenir incertain
Pourtant, l'avenir de la télévision en 3D reste inconnu, car la technologie présente tout de même des inconvénients. Tout d'abord, son prix, qui semble pour le moment dissuader les consommateurs. Le modèle de Sony, une télévision de 46 pouces, est vendu 350 000 yens (380 000 DA), soit 52 % de plus que le prix d'un téléviseur normal. Et pour acheter une paire de lunettes supplémentaires (deux sont déjà livrées avec le téléviseur), il vous en coûtera tout de même 12 000 yens (14 000 DA environ). Mais le problème majeur reste la production de programmes télévisés en 3D, pour l'instant très insuffisante, même si certains se sont déjà lancés dans l'aventure, tels que ESPN, la chaîne de sport de Walt Disney, qui diffuse depuis peu en 3D. Globalement, ce sont les producteurs de jeux vidéos qui dominent pour l'instant la production de contenus en 3D. «Dans cette perspective, Sony, qui a l'ambition d'être une société de divertissement complète, pourra tirer avantage de son activité dans les jeux videos», analyse pour Reuters Alex Oh, de Hanwha Securities. Il n'est pas non plus assuré que les consommateurs se laisseront séduire par cette nouvelle technologie, peu pratique à cause du port obligatoire de grosses lunettes. Dans un sondage mené par le site Kakaku.com, 67,4 % des 8 957 personnes interrogées ont affirmé ne pas avoir l'intention de faire l'acquisition d'un téléviseur en 3D. 70 % d'entre elles ont cité l'inconfort des lunettes pour justifier cette réponse, 57 % le prix et 40 % le manque de contenus disponibles. Les entreprises japonaises sont par ailleurs confrontées à la concurrence rude de la Corée du Sud, qui mène pour l'instant la danse avec Samsung et LG. Samsung avait mis ses téléviseurs 3D sur le marché dès février et prévoit d'en vendre 2 millions la première année. Et derrière ces entreprises, c'est le pays tout entier qui mise sur la 3D. En février, le gouvernement avait lancé un plan d'investissement public massif sur cette technologie et prévu l'ouverture d'un grand centre de formation près de Séoul, qui devrait former 6 000 spécialistes de la 3D d'ici 2014. Ambitieuse, Séoul espère devenir incontournable pour la production de films et de programmes télévisuels en 3D. Mais les entreprises japonaises ne perdent pas espoir. «Le train de la 3D est sur les rails, et nous sommes prêts à le ramener à la maison», déclarait ainsi en 2009 le président de Sony lors d'une conférence de presse.

NOSTALGIE
Nos premiers pas dans l’ère des satellites de diffusion directe

Dès 1988, avec le lancement d’Astra, l’Europe et l’Afrique du Nord entraient dans l’ère des satellites de diffusion directe, avec des programmes destinés à être reçus par de petites paraboles. Les satellites Eutelsat 1 F, grand-père de nos actuels Hot Bird et qui diffusait à 13 degrés Est ou encore le fameux Télécom de la première génération, stationné à 5 degrés Ouest, n’avaient pas la même popularité qu’Astra. Le premier relayait des programmes internationaux tels que TV5 ou MTV et nécessitait une grande parabole d’au moins 1m80 sur le Maghreb central. Idem pour le Télécom français dont la vocation était d’alimenter les réémetteurs terrestres de l’Hexagone. C’était l’époque de la découverte de M6, TF1, France 2 et la fameuse Cinquième qui n’a pas connu le même succès que ses consœurs italienne ou espagnole. On peut dire que les Algériens ont découvert le satellite à cette époque, marquée par un développement sans précédent de la réception collective. Avec de véritables têtes de réseaux constituées d’une grande parabole (généralement en fibre de verre, un LNB 12 gigas et beaucoup d’amplificateurs), les techniciens – formés souvent sur le tas — réussissaient de véritables prouesses en «câblant» des centaines de logements à partir d’une seule assiette ! Les pouvoirs publics laissaient faire. Il y avait une telle soif de liberté et de découverte que personne ne pensa à évoquer l’application de la loi qui interdisait (et interdit toujours) la télédiffusion sous quelque forme que ce soit. Et le fait de relayer un programme vers des milliers de téléspectateurs était bel et bien de la télédiffusion pirate. Cette véritable «industrie» connut son apogée après les émeutes du 5 Octobre 1988 qui avaient mis fin au monopartisme et permis l’éclosion de plusieurs journaux privés. Tout le monde voulait avoir ces fameux «programmes étrangers» pour suivre les avis et commentaires des journalistes français sur une actualité nationale débordante ! Pourtant, la télévision nationale, sous la houlette de son P-dg Abdou B., venu de la presse écrite, étonnait par la liberté de ton de ses journaux télévisés et ses débats politiques passionnants qui opposaient les leaders des mouvements politiques renaissants. Avant Astra, la réception directe était au point zéro. C’est donc en 1988 que le système Astra, œuvre de la Société européenne des satellites installée au Luxembourg, fut mis en place. Les observateurs n’accordaient guère de crédit à ces satellites censés relayer des dizaines de chaînes vers les foyers directement grâce à de petites paraboles dont on n’avait jamais vu la couleur auparavant. Avant Astra, la réception directe était au point zéro. Les systèmes Intelsat et Eutelsat n’étaient pas conçus pour être reçus par les foyers et seules les grandes assiettes pouvaient capter leurs émissions. Rappelez-vous ! C’était l’époque où ces «champignons renversés» se comptaient sur les doigts d’une seule main : on pouvait en voir une sur la route de Zéralda, alors qu’en ville elles étaient vraiment rares. A Ryad El Feth, une heureuse initiative permettait de suivre, sur des murs d’écrans, les chaînes satellites qui n’étaient pas légion et le choix des jeunes qui fréquentaient cet espace s’était tout de suite porté sur MTV. Des «moralisateurs» avaient trouvé que certains clips étaient «osés» et la direction de Ryad El Feth décida d’enregistrer ces émissions et de les repasser avec un léger différé pour en extirper les scènes «choquantes »... Voilà l’ambiance de l’époque sur fond de bouillonnement qui préparait le 5 Octobre...
Le pays «le plus parabolisé»
A cette époque, on disait de l’Algérie qu’elle était le pays «le plus parabolisé de la planète» (nombre de paraboles installées par rapport à celui de la population). Avec l’arrivée de MBC sur Eutelsat 1F1, première chaîne arabophone de télédiffusion directe par satellite, une autre tranche de la population, certainement la plus nombreuse, va vouloir rentrer dans le club des «satellisés». La chaîne, émise à partir de Londres, aura un succès foudroyant dès son lancement. La réception satellite avait pris son envol en Algérie. Dans les années suivantes, les chaînes vont se multiplier sur des satellites de plus en plus puissants. Les paraboles sont de plus en plus petites… On passe à la réception individuelle… Sur Eutelsat 2F2, l’Egypte sera la première à lancer une chaîne destinée à l’Europe et au Maghreb, suivie de la marocaine RTM et de la tunisienne TV7. En 1994, ces chaînes arabes sont rejointes par Canal Algérie dont le lancement officiel est marqué par un discours du président Zeroual qui fixe clairement les objectifs de cette nouvelle chaîne : toucher le maximum d’Algériens à l’étranger afin de les rapprocher de leur pays d’origine.
M. F.

L'ISS sera-t-elle recyclée en vaisseau spatial ?
Que fera-t-on de la Station spatiale internationale en 2025 lorsque l'heure de la retraite aura sonné ? Pour éviter de tout faire disparaître dans l'embrasement qui suivra la désorbitation, la Nasa suggère de réutiliser le module Tranquillity pour en faire un véhicule de transport qui pourrait rejoindre un astéroïde. Si les Russes ont des plans pour séparer leurs propres éléments du reste de la Station dans le cas où leurs partenaires décideraient de l’abandonner à la fin de son activité opérationnelle (typiquement à l’horizon 2025), les Américains projettent ni plus ni moins d’utiliser un de ses modules comme élément central d’un futur engin spatial ! L’idée est de réutiliser le nœud de jonction Tranquility (Node-3), construit par la firme européenne Thales Alenia Space et lancé en février 2010. Ses ports d’amarrage pourraient recevoir une combinaison de modules techniques, de propulsion ou d’exploration capables de former un véhicule de transport spatial. Parmi les idées les plus audacieuses présentées, l'une flirte avec les limites de la science-fiction. Elle consiste à développer un engin capable de générer une gravité artificielle. Un concept rendu célèbre par 2001 : A Space Odyssey, le roman d’Arthur C. Clarke adapté au cinéma par Stanley Kubrick. Deux engins reliés par un câble d’une centaine de mètres et mis en rotation à une vitesse de quelques dizaines de mètres par seconde généreraient à l’intérieur une gravité qui réduira l’impact négatif du voyage sur la santé des astronautes.

NEWS
BF1: la nouvelle née des télévisions au Burkina Faso
Le paysage médiatique burkinabé vient de s'élargir avec BF1, la nouvelle chaîne de télévision dont le lancement officiel est intervenu le 18 août 2010 dans ses locaux, sis à Ouaga 2000. «La télé qui ose», ainsi que le proclame son slogan, émet sur la fréquence 575.25 et rayonne sur au moins 43 km autour de Ouagadougou. L’information et l'éducation occuperont 19% de temps d'antenne sur cette chaîne de télévision, contre 78% au divertissement et 3% pour le sport. Pour Lassina Diawara, président du conseil d'administration, «BF1 s'installera dans la logique de la promotion des réalisations locales», car, dit-il, «elle ambitionne d'être le miroir de la société burkinabée et africaine, mais aussi de toute la planète».

Intelsat 27 en construction
Intelsat annonce le lancement de la construction du satellite Intelsat 27 (IS-27). IS-27 disposera d'une capacité en bandes C et Ku destinée à ses clients réseaux et médias, à laquelle sera adjointe une charge utile UHF de 20 x 25 kHz canaux réservée à des applications gouvernementales. Son lancement dans l'espace est prévu en décembre 2012, et il sera situé au-dessus de l'océan Atlantique en remplacement du satellite Intelsat 805.

Report du lancement du satellite iranien
Rasad Reza Taghipour, ministre iranien des Télécommunications, a annoncé le report, de plusieurs mois, du lancement du satellite expérimental d'observation Rasad prévu fin août. Le ministre invoque des retards dans la mise au point du satellite et affirme que, par ailleurs, tout est prêt pour le lancement lui-même. Rasad (qui signifie observation en persan) doit être le deuxième satellite mis sur orbite par l'Iran. Ce dernier, à vocation météorologique, est destiné à prendre et transmettre des photos de la Terre. Reza Taghipour a précisé que le lancement pourrait avoir lieu avant fin mars 2011.

L'IFA en 3D via Astra
A l'occasion de la 50e édition de l'IFA de Berlin (du 3 au 8 septembre), le plus grand salon de l'électronique grand public en Europe, SES Astra, couvrira l'évènement en 3D relief. La retransmission s'effectuera depuis Berlin via un canal de démonstration 3D qu'il sera possible de recevoir sur Astra 1 E sur la position 23.5° Est (11.747 GHz, pol. V). Les programmes porteront sur les nouveautés numériques et dernières tendances aperçues cette année à Berlin. Une compilation des moments les plus importants sera diffusée jusqu'au 18 septembre sur ce même canal de démo. Panasonic sera partenaire de cet évènement. Sources : TS Com. et Futura Sciences

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