Jeudi 02 septembre 2010
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Actualités : Fidélité

Par Fouad Boughanem
Voici donc 20 ans que Le Soir d’Algérie donne quotidiennement rendez-vous à ses lecteurs. Le 3 septembre 1990 était en effet mis en vente le numéro un du premier quotidien algérien n’appartenant pas à l’Etat.
Précurseur d’une série d’autres titres dont la publication interviendra quelques semaines plus tard, Le Soir d’Algérie peut nourrir quelques motifs de fierté d’avoir accompagné les Algériens tout au long de deux décennies de souffrance et de drames mais aussi de mutations, d’espérances et de combat. Cependant, prétendre que le journal qui est entre vos mains aujourd’hui est la réplique exacte de l’idée que s’en faisaient ceux qui l’ont initié relèverait de la tromperie. Lancé comme publication du soir en raison de l’expérience accumulée par ses fondateurs au sein du quotidien Horizons, le journal se destinait au départ à être largement ouvert sur les phénomènes de société. Ce profilage nous semblait conditionné aussi bien par le choix d’une parution en milieu de journée que par la volonté d’affirmer une identité différente de celles d’El Watan et d’El Khabar, dont la publication devait intervenir quelques semaines seulement après la mise sur le marché du premier numéro du Soir d’Algérie. Les évènements terribles qui auront marqué l’Histoire récente de notre pays ont eu rapidement raison d’une configuration de départ n’intégrant pas suffisamment un environnement politique chaotique qui, en l’espace de deux années, jettera l’Algérie sous les fourches caudines de l’islamisme et du terrorisme. Très rapidement et naturellement, Le Soir d’Algérie s’est engagé dans la bataille qui a mobilisé la majorité des Algériens et une grande partie de la corporation pour empêcher la Nation de sombrer dans le chaos.
Ce fut le premier reproche adressé au journal au nom d’une nécessaire équidistance sacralisée par les éternels donneurs de leçons au sein et à l’extérieur de la profession. Le combat contre le terrorisme produira inévitablement son lot de violence à l’adresse du journal. Yasmina Drici, correctrice, sera assassinée à Rouiba. Une camionnette bourrée d’explosifs explosera le 11 février 1996 aux abords du journal tuant des dizaines de citoyens le long de la rue Hassiba-Ben-Bouali et faisant perdre au journal Allaoua Aït Mebarek, son rédacteur en chef, Mohamed Dhorban, son carricaturiste-chroniqueur, et Mohamed Derraza, chargé des pages de détente. Leur souvenir ne nous quittera jamais. Toutes nos pensées vont vers eux en ce 20e anniversaire de la fondation du Soir d’Algérie.
Engagement
Totalement rasé par la bombe de février 1996, Le Soir d’Algérie n’a interrompu sa parution que quelques jours. Grâce au courage de toute l’équipe et la solidarité de confrères et d’amis, la disparition définitive du titre a pu être évitée. Il est loisible aujourd’hui d’épiloguer sur «l’absolue nécessité pour la presse de ne pas prendre parti et de ne s’en tenir qu’à l’information». Le Soir d’Algérie se serait ainsi sorti indemne de tous les drames et aurait traversé l’Histoire récente de notre pays sans inquiétudes. Il se trouve que ce n’est pas notre conception du journalisme tant il est vrai que la dévitalisation de cette profession réside justement dans son absence d’engagement. Depuis deux décennies, l’évolution du journal s’est articulée autour de quatre engagements majeurs. D’abord un engagement patriotique : l’Algérie passera toujours avant toute autre considération de quelque ordre que ce soit. Deuxièmement, un engagement professionnel dans la mesure où nous veillons scrupuleusement à un exercice loyal et sain du métier d’informer. Troisièmement à un engagement politique qui, même s’il nous a valu moult accusations, ne nous fera pas vaciller. La presse desincarnée qui se décline par dizaines de titres n’a jamais convaincu les lecteurs algériens. Le Soir d’Algérie pour sa part n’a à aucun instant fait mystère de ses convictions même si cela le met souvent en situation de survie. Enfin, un engagement moral au sens où nous nous interdisons de reproduire dans nos colonnes des valeurs contraires au respect de la dignité humaine et aux libertés fondamentales des citoyens. Cette fidélité à des convictions qui fondent notre pratique quotidienne nous vaut à l’évidence quantité de déboires judiciaires et financiers dont les origines malveillantes sont parfaitement identifiables. Ceux qui escomptent du journal une honteuse flexibilité ne lésineront pas sur une utilisation abusive des moyens de l’Etat pour réduire de manière significative l’espace d’expression du journal. C’est certainement le prix à payer pour continuer à ouvrir nos colonnes à des expressions libres porteuses de valeur ajoutée démocratiques et plurielles. Après 20 ans d’existence, c’est ce besoin absolu d’informer, de dire sans complaisance, de s’engager sans calcul qui continuera à nous guider. Parce que c’est finalement la raison d’être du Soir d’Algérie.
F. B.

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