Mercredi 20 octobre 2010
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Et en plus, ils rient, les grigous !


Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Déclaration de Michèle Alliot-Marie avant son départ
d’Alger : «Les relations entre l’Algérie et la France sont très
étroites, comme dans un couple.»
 

Michèle ! Voyons !

C’est la deuxième fois en moins d’une semaine. L’autre jour, interrogé par des journalistes sur le fait qu’il ne soit pas entendu par la justice dans le scandale Sonatrach, Chakib Khelil s’est fendu d’un «gros rire gras». Et là, il y a à peine quelques petites heures, à partir de la Mouhafadha assiégée de Zéralda où il se trouvait, Belkhadem a répondu à d’autres journalistes qui l’interrogeaient eux sur le mouvement de redressement actuel au sein du FLN «ça me fait bien rire !». Troublant, non ? Nos dirigeants semblent avoir été contaminés par une épidémie incontrôlée de rire insoutenable. Que faut-il en penser ? Ben… d’abord qu’eux ont encore la chance de pouvoir rire. Par rapport au reste – aux restes – de la population. C’est bien ! Au moins, nos dirigeants arrivent encore à rire. Nous, Allah ghaleb, nous pleurons. Passé le premier effet de surprise née de voir «El Qyada» prise de fous rires ininterrompus, vous vous posez tout de même quelques questions. Les a-t-on élus pour qu’ils passent leur temps à rire pendant que nous pleurons ? Question bête… à pleurer, puisque nous ne les avons jamais élus. Ils se sont élus. Certains ont même obtenu la majorité avec des voix de morts, de personnes décédées depuis vingt ans. En soi, cette anecdote des morts ressuscités dans une… urne est risible. Mais justifie-t-elle les éclats de rire de Khelil et de Belkhadem ? Quand tu vois que le premier sort un mouchoir dès qu’un Texan fait mine d’éternuer et que le second ne sait pas encore si, pour le prochain Aïd et la prochaine prière télévisée, il s’habillera en iranien ou en soudanais, as-tu vraiment envie de rire ? Non, assurément ! Mais alors de quoi rient-ils tous ainsi ces dernières heures ? Mauvaise question, encore une fois. Le «quoi» n’est pas à sa place. Il fallait écrire «de qui rient-ils ainsi ?». Car, vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais moi, j’ai noté que Khelil et Belkhadem n’ont été pris de rire fou qu’une fois en public, face à la population. J’en tire alors une conclusion qui ne prête franchement pas à rire, ni à pleurer doucement, mais carrément à chialer tout son saoul : c’est de nous que ces grigous rient à gorge déployée. Interrogé, mon médecin s’est montré formel : s’ils rient autant et depuis si longtemps, cela explique leur longévité. Le toubib m’a confirmé ce dont je me doutais déjà un peu : le rire conserve. Il conserve d’autant plus que c’est nous qui sommes mis en… boîte. Mais alors qu’y pouvons-nous, nous qui n’avons que nos yeux pour pleurer ? Prier ! Prier pour qu’arrive enfin le jour où ils s’étoufferont de rire. Ne… riez pas ! C’est plus fréquent qu’on ne le croit, les personnes qui s’étouffent de rire. Définitivement. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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