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Une délégation de chanteurs algériens attendue au Bangladesh.
Je pense que…
… tous en reviendront
Je vais finir par croire qu’il ne s’agit pas d’une coïncidence, et que c’est
fait exprès ! Vous avez remarqué ce phénomène, s’agissant des cités où se
déclenchent des émeutes ? Tenez ! Ces dernières heures, c’est à Diar El… Afia
que les barricades ont été élevées. Avant, c’était Diar Echems qui s’était
embrasée. Bien avant, c’était la Cité Mer et Soleil qui avait bougé. Bien avant
encore, la Cité Gai Soleil avait elle aussi vibré des clameurs de la colère.
Bien, bien avant, c’était la Cité La Montagne qui avait retenti des cris
vengeurs des jeunes déchaînés. Pourtant, La Montagne est belle s’il l’on en
croit ce bon vieux Jean, qu’il repose en paix. Enfin, quoi qu’il en soit, force
est de constater que là, nous ne sommes que devant des noms qui évoquent en
théorie la joie de vivre et le bien-être. A croire que c’est un être
profondément sadique, un dangereux pervers, un désaxé chronique qui s’est chargé
de baptiser ces endroits de noms aussi chantants. Le même sûrement qui a affublé
d’autres quartiers de noms aussi horribles que Diar El Kef, Cité de la Bataille
de Bouzegza, Haï Badr, Lotissement Double Canon ou encore Ilot Boubellout. Rien
que tu entends ces noms, t’as envie de prendre tes jambes à ton cou en priant
Dieu que la rue perpendiculaire que tu viens d’emprunter pour fuir ne soit pas
une impasse. Et pourtant, les faits sont là, les statistiques aussi. Il n’y a
jamais eu d’émeutes à la Cité de la Bataille de Bouzegza. Il y en a eu des
dizaines à Diar El Afia. Va comprendre ! Et surtout va expliquer aux étrangers
qui scrutent l’Algérie tous les jours qu’à la Cité Mer et Soleil, il n’y a ni
mer ni soleil, mais des gaz lacrymaux. Et a contrario, comment faire avaler aux
mêmes étrangers que, des balcons de la Cité Double Canon s’échappent parfois de
doux filets de musique classique juste entrecoupés par des «Fatma, tu peux
servir le thé maintenant ! Dans le service en porcelaine de Limoges, ma bonne
amie !» D’ailleurs, pourquoi s’embarrasser de l’avis d’un étranger sur cette
question. Ici même, les opinions divergent. Tenez, un ami à qui je faisais part
de ma réflexion profonde et intense sur les cités aux jolis noms qui s’embrasent
au moindre quiproquo et sur les cités aux noms horribles mais qui ne bougent
jamais, cet ami donc m’a encore plus plongé dans la perplexité. Juste en me
précisant que dans la région d’où il est natif, le mot «Afia» veut dire «feu» et
non «tranquillité». Ben mince alors ! Si en plus de tout cet imbroglio, il
fallait tenir compte des variantes linguistiques régionales, on ne s’en sortira
jamais ! Se sortir de Diar El Afia ? C’est sûrement la question que doivent se
poser en ce moment les ministres de l’Habitat et de l’Intérieur. Je fume du thé
et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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