Réagissant aux propos de Brice Hortefeux sur le durcissement de
l’octroi des visas aux Algériens, Halim Benatallah, notre secrétaire
d’Etat chargé de la communauté algérienne à l’étranger, a déclaré :
«Ça ne se passera pas comme ça ! S’il le faut, j’irai à Paris pour
protester officiellement.»T’as un visa au moins ?
Que faut-il pour opérer un bon redressement ? La question n’est pas superflue ni
saugrenue. Car on ne s’érige pas du jour au lendemain redresseur. On ne se lève
pas un matin, en découvrant devant sa glace qu’en l’espace d’une nuit, on s’est
subitement transformé en redresseur. Non ! Redresseur, c’est une vocation, un
sacerdoce. Mais le don du redressement à lui seul ne suffit pas. Il faut
également un certain nombre de conditions réunies pour faire un bon
redressement, un redressement fiable, un redressement opérant, un redressement
efficace, un redressement en tous points imparable. D’abord, il faut un feu
vert. Pas rouge, pas rose bonbon, pas mauve ni fuchsia, mais vert. Le feu vert,
c’est le signal indiscutable que l’opération de redressement peut commencer.
Ensuite, il faut quelques bonnes poires. Deux ou trois bonnes poires. A défaut,
si ce n’est pas la saison des poires, vous pouvez vous rabattre sur des pommes.
L’essentiel n’étant pas, au fond, le goût des poires, mais leur volume extérieur
et leur capacité à faire la poire, c'est-à-dire, en gros, trôner au milieu d’une
table sans trop se la ramener. Une bonne poire, quoi ! Ensuite, il vous faut un
siège. Un bon gros siège, une villa kitch, horriblement kitch où vous
installerez plein de petits sièges et les tables qui vont avec. Un redressement
sans siège, sans villa surplombée d’un drapeau ne serait pas valable aux yeux de
ceux qui ont donné le feu vert. D’ailleurs, ce sont généralement eux qui vous
fournissent le siège ou, à défaut, vous orientent vers l’agence immobilière
appropriée, dûment agréée. Arrivé à ce niveau-là de conditions réunies, de
paramètres respectés, votre redressement est sur la voie de la réussite. Zut !
J’allais oublier un élément fondamental. Le fax. Bien sûr, le fax ! Il vous faut
impérativement un réseau fax étoffé. C’est grâce à lui que vous pourrez annoncer
à la presse que les ralliements à votre opération de redressement sont de plus
en plus nombreux, frôlent le raz-de-marée. Et qu’est-ce qui se passera une fois
toutes ces étapes accomplies scrupuleusement ? Qu’est-ce qui arrivera, hein ?
Rien ! Juste attendre. Attendre le prochain feu vert. Tout en fumant du thé…
vert, bien sûr, pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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