Lundi 27 Décembre 2010
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Abdelaziz Hulot, Ushuaia et les feuilles qui brûlent
pour des prunes !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Karim Tabbou du FFS : «La mise à nu du régime est en
route ! » Si cette mise à nu a emprunté …

… l’autoroute Est-Ouest, on est mal barrés camarades !

Que retenir finalement de ce comité central du FLN ? Sûrement pas cette déclaration de Belkhadem que je vous retranscris à la virgule et au milligramme d’encre près : «Les rangs du parti sont soudés ! » Yaâni, très franchement, sans animosité, sans moquerie ya Si Abdelaziz, personnellement, je n’avais pas attendu ce CC pour être convaincu que les rangs du FLN, de ce FLN, de ce que vous avez réussi à faire du FLN, sont soudés. Plus soudés que ça, c’est très difficile à obtenir. Vos rangs sont tellement soudés que les Algériennes et les Algériens se cassent les dents, les côtes et le reste dessus depuis les années 60. Donc, nous ne retiendrons pas cette déclaration et nous nous contenterons de la considérer comme sans intérêt notable. Nous ne retiendrons pas non plus cette autre sentence que je vous reproduis aussi intégralement et aussi fidèlement qu’elle a été commise par l’empastillé lors du même CC : «Nous sommes une famille unie ! » Et comment que vous êtes une famille unie ! Soudée et unie. D’ailleurs, quand j’entends Abdelaziz 2 déclarer que le FLN est une famille unie, c’est le timbre de voix ténébreux de Don Corleone interprété par Marlon Brando dans le film de Francis Ford Coppola Le Parrain qui s’engouffre dans mes oreilles : «Nous sommes unis ! Tu le sais que nous sommes unis. Par les liens du sang, nous sommes unis ! » Brrr ! Mais malgré toute la charge de terreur contenue dans cette phrase, nous ne la retiendrons pas non plus. Mais alors, n’y a-t-il aucune déclaration, aucune parole, aucune phrase digne d’être retenue par notre attention ? Si ! Oh ! Si ! Il y a une phrase. Une seule phrase dans tout le fatras de celles qu’a prononcées l’empastillé qui doit être retenue, enregistrée – que-dis-je ? – qui doit être gravée sur du marbre blanc. Le genre de phrases qu’en théorie vous ne devriez jamais entendre lors d’un CC du FLN ou dans un quelconque forum politique. Pourtant, cette phrase-là a bel et bien été dite, devant témoins, et donc, je vous la livre, pour la postérité. Ciblant les néo-redresseurs qui tentent de le redresser, Belkhadem a dit ceci : «Les feuilles mortes qui brûlent ne sont d’aucune utilité.» Ya Bouguelb ! Si c’est pas profond, ça ! Si c’est pas gigantesque, ça ! Les feuilles mortes qui brûlent ne sont d’aucune utilité. Je croyais le CC du FLN en réunion, je découvre, stupéfait, que c’était plutôt un grenelle de l’environnement en conclave autour d’un botaniste barbu, Abdelaziz Hulot ! L’Algérie a peut-être tout perdu, elle a peut-être régressé de façon férocement inféconde, mais elle a gagné un naturaliste érudit, un homme aux connaissances incommensurables en matière de consumation des végétaux, et plus particulièrement des feuilles mortes. Je propose fort humblement de consacrer, en cette veille de nouvelle année, cette déclaration «les feuilles mortes qui brûlent ne sont d’aucune utilité» phrase de l’année 2010. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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