Samedi prochain, il n’y aura pas une, mais trois marches dans
Alger. Que va faire le régime face à cela ?Ô ! Juste une
multiplication.
3 x 30 000 flics !
Vous auriez tort de vous en priver ! C’est le moment ou jamais d’en profiter,
parce qu’après, ça sera peut-être trop tard. On n’a pas tous les jours la
chance, à l’échelle d’un pays, de disposer à portée de main d’une aussi grande
braderie. Une gigantesque braderie avec des soldes d’enfer, des prix
imbattables, des offres incroyables et des formules hyper-avantageuses. Du «tout
pour rien !». Là, ces dernières heures, j’ai appris que le Palais venait de
régulariser la situation des jeunes de 30 ans et plus vis-à-vis du service
national. Ça y est ! Plus de service militaire ! Ça ouvre des perspectives !
Ainsi, si les étudiants continuent leur protesta et maintiennent leur pression,
je sens que le châtelain va signer un décret annulant tous les examens de fin
d’année et leur distribuer les diplômes à domicile, par DHL ou UPS, les frais
d’envoi étant bien évidemment à la charge du Palais. S’agissant des importateurs
et autres commerçants de gros, de détail et de cabas, j’ai aussi ouïe-dire que,
non seulement la direction des Impôts avait reçu ordre de fermer les yeux sur
les redressements en cours, mais en plus, on s’acheminerait vers le
remboursement de trop-perçus antérieurs, des sommes au demeurant jamais
réclamées par les importateurs et commerçants eux-mêmes. Pour les microcrédits,
c’est encore plus révolutionnaire. Ils seront automatiquement accordés par
simple demande envoyée à une banque par SMS, quel que soit l’opérateur de
téléphonie mobile du demandeur. Dans le cas où celui-ci ne dispose pas de crédit
téléphonique pour faire sa demande de microcrédit, l’Etat s’engage à lui
recharger sa carte prépayée. Et encore, ce ne sont là que les aspects palpables,
visibles de la soudaine générosité du Palais, des attentions toutes nouvelles du
châtelain envers ses sujets malgré eux. De manière moins marquée, moins
apparente, plus discrète, on m’a raconté que ces dernières heures, dans les
villes et villages du pays, des «katibates» à la solde du régime sont chargées
d’anticiper les besoins et revendications des citoyennes et des citoyens. On a
ainsi vu hier un groupe de malabars chaussant des lunettes noires et portant des
pardessus presque aussi gris que notre avenir se poster derrière un quidam, un
monsieur qui éternuait tout en marchant. Au 3e éternuement, cette «katiba» est
passée à l’action. L’un de ses membres a tendu un paquet de mouchoirs en papier
«odeur menthe des bois» au citoyen. Un autre lui a offert un flacon de sirop
Biocalyptol. Et un autre enfin lui a glissé dans la poche de son manteau un
forfait d’une semaine tous frais payés dans un centre de thalasso et de remise
en forme. Moi-même qui n’ai pas de voiture, j’arpente depuis des heures les rues
en fixant à chaque fois les belles et luxueuses berlines qui passent. Qui sait ?
Peut-être existe-t-il une katiba chargée de remettre des clés de bagnoles neuves
à tous ceux qui, comme moi, bavent sur une caisse. Non ! Vous auriez tort de
prendre tout cela à la légère. C’est aujourd’hui ou jamais ! La grande braderie
est ouverte, les soldes sont lancées. Avant liquidation. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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