Samedi 30 Avril 2011
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Un peu de psychologie
dans ce monde de brutes épaisses !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Assemblée nationale. Projet de loi interdisant l’importation
et l’élevage des chiens de garde dangereux,
notamment les dobermans et autres Rottweilers. Il a
été rejeté à la majorité des députés…

…FLN !

Voilà ! Vous êtes contents maintenant ? Ça vous va, là-haut, dans le Palais ? Vous venez de réussir le tour de force de mettre en colère ceux qui sont justement censés juguler la nôtre de colère, les psychologues. Mon Dieu ! Le régime de bananes surgelées qui nous non-gouverne a ainsi réalisé l’exploit de faire sortir des psys de leurs gonds ! Il paraît qu’ils ont subi les pires outrages lors de leur tentative de sit-in mercredi dernier devant le siège de la présidence, à El- Mouradia. Au point où les pauvres psychologues malmenés ont écrit une lettre de protestation au chef. Pas le chef du Palais, pas le châtelain, non ! Le chef de la police, Monsieur Hamel. Ce qui, en soi, traduit un désarroi terrible chez ces praticiens, une détresse psychologique profonde, limite syndrome de Stockholm. Bousculés, traumatisés, ils ont adressé leur lettre au patron d’un organe répressif ! Y a comme qui dirait une erreur sur le destinataire. Lui, le flic, n’est pas là pour tenter de comprendre les mécanismes de pensée, décoder les fragilités sensorielles des uns et des unes, l’hyperperméabilité des manifestants aux insultes ou encore l’angoisse profonde d’un psy face à un homme casqué qui, lui, se fout comme de sa première matraque du complexe d’Oedipe ou de l’épaisseur du cordon ombilical. Mais n’accablons pas non plus les psychologues algériens. Ils sont déjà suffisamment accablés comme ça. D’abord parce qu’ils ont choisi la voie professionnelle la plus difficile. Psy, en Algérie, c’est comme qui dirait ouvrir un cercle de poésie ou un club de Scrabble à deux pas d’un quartier à majorité hooligans. C’est pas facile ! A la limite, ils auraient fait profs de maths, d’arabe, d’éducation religieuse ou de sport, ça n’aurait pas posé de problèmes majeurs. Mais, psy ? Va, toi, expliquer au policier qui lève sa matraque pour te tabasser qu’au fond, tu ne lui en veux pas vraiment, que cette même matraque représente en vérité un symbole phallique, qu’il doit peut-être souffrir d’un passif maternel trop envahissant ou d’un comportement paternel écrasant, abusif et que tu es dans l’obligation de le rediriger vers un confrère psychanalyste, sa pathologie trop lourde ne relevant plus de ta seule compétence de psychologue ! C’est quasiment impossible. Lui, le policier, il frappe ! Il t’allonge pour le compte. Et pas sur un divan moelleux. Non ! Sur le trottoir. Essaye, ensuite, en position allongée, le nez en sang, de prendre des notes avec ton stylo et ton calepin de psy ! Tu t’exposes au piiiiiire ! Le même flic est capable de te prendre pour un journaliste. Un psy qui manifeste tout en prenant des notes ? Mais c’est la double peine assurée ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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