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Sur la Libye, El Mouradia n’a pas une position claire.
Sur la Libye seulement ?
Il est toujours difficile de venir rappeler dans les moments de douleur les
SOS lancés ici même, et dans les 23 autres pages du Soir d’Algérie ces dernières
semaines, SOS alertant sur la montée cadencée et structurée des attentats
terroristes. Pourtant, ce qui vient de frapper le fleuron de l’armée algérienne,
l’Académie Interarmes de Cherchell, impose de revenir, et de revenir encore sur
l’urgence. L’urgence de mettre fin immédiatement, sans délai, à la complicité
active avec l’intégrisme qu’induit la politique de réconciliation nationale. La
brèche par laquelle se sont introduits vendredi soir le ou les kamikazes à
Cherchell est là. Dans la réconciliation et le pardon accordés par le châtelain
aux terroristes. Tous les terroristes, même ceux — surtout ceux — qui ont du
sang sur les mains. Les meilleurs barrages du monde sur les autoroutes et routes
les plus surveillées de la planète ne pourront rien contre le travail de sape. A
quoi sert-il de mener des ratissages à grande échelle, de faire crapahuter
pendant des mois des djounoud, de gaspiller du kérosène à faire faire voler des
hélicos au-dessus des maquis, si, par ailleurs, on poursuit le lâcher massif de
tueurs et de candidats au «sacrifice suprême» ? Cet homme-là n’est pas seulement
coupable de l’échec économique et social du pays. Il est aussi responsable de la
dilapidation d’un capital énorme et qu’aucun comptable, fût-il le plus
compétent, ne peut réellement chiffrer : le capital engrangé par l’Algérie
jusqu’en 1999 en matière de lutte contre le terrorisme islamiste et la terreur.
La machine à gagner contre la peste verte a été «virusée», dès les premiers mois
du premier mandat. Aujourd’hui, au bout de plusieurs mandatures, l’Académie
Interarmes de Cherchell, le fin du fin de l’Algérie encore debout, le modèle de
la République forte, vient d’être attaquée, blessée. N’y a-t-il donc plus
personne ici pour dire que les clés de cette république aujourd’hui en danger ne
doivent pas être confiées à la légère ? N’y a-t-il donc plus aucune voix pour
s’élever au-dessus de nos divergences pour crier, juste hurler : «Les deals avec
l’islamisme, c’est terminé» ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L. |