Dimanche 28 Août 2011
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Monsieur le Réconciliateur en Chef,
je ne vous entends pas tousser !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Sur la Libye, El Mouradia n’a pas une position claire.

Sur la Libye seulement ?

Il est toujours difficile de venir rappeler dans les moments de douleur les SOS lancés ici même, et dans les 23 autres pages du Soir d’Algérie ces dernières semaines, SOS alertant sur la montée cadencée et structurée des attentats terroristes. Pourtant, ce qui vient de frapper le fleuron de l’armée algérienne, l’Académie Interarmes de Cherchell, impose de revenir, et de revenir encore sur l’urgence. L’urgence de mettre fin immédiatement, sans délai, à la complicité active avec l’intégrisme qu’induit la politique de réconciliation nationale. La brèche par laquelle se sont introduits vendredi soir le ou les kamikazes à Cherchell est là. Dans la réconciliation et le pardon accordés par le châtelain aux terroristes. Tous les terroristes, même ceux — surtout ceux — qui ont du sang sur les mains. Les meilleurs barrages du monde sur les autoroutes et routes les plus surveillées de la planète ne pourront rien contre le travail de sape. A quoi sert-il de mener des ratissages à grande échelle, de faire crapahuter pendant des mois des djounoud, de gaspiller du kérosène à faire faire voler des hélicos au-dessus des maquis, si, par ailleurs, on poursuit le lâcher massif de tueurs et de candidats au «sacrifice suprême» ? Cet homme-là n’est pas seulement coupable de l’échec économique et social du pays. Il est aussi responsable de la dilapidation d’un capital énorme et qu’aucun comptable, fût-il le plus compétent, ne peut réellement chiffrer : le capital engrangé par l’Algérie jusqu’en 1999 en matière de lutte contre le terrorisme islamiste et la terreur. La machine à gagner contre la peste verte a été «virusée», dès les premiers mois du premier mandat. Aujourd’hui, au bout de plusieurs mandatures, l’Académie Interarmes de Cherchell, le fin du fin de l’Algérie encore debout, le modèle de la République forte, vient d’être attaquée, blessée. N’y a-t-il donc plus personne ici pour dire que les clés de cette république aujourd’hui en danger ne doivent pas être confiées à la légère ? N’y a-t-il donc plus aucune voix pour s’élever au-dessus de nos divergences pour crier, juste hurler : «Les deals avec l’islamisme, c’est terminé» ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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