Premier signe d’un réchauffement entre l’Algérie et le CNT libyen.
Alger envoie une mission médicale à Tripoli. Des médecins…
… accoucheurs !
Maintenant que le gouverneur de la Banque d’Algérie l’a confirmé, que c’est
officiel, nous pouvons enfin le prendre pour… argent comptant. A la fin juin
2011, l’Algérie (c’est comme ça qu’il a dit lui) disposait de 173, 91 milliards
de dollars de réserves. En clair, deux choses : d’abord si ce chiffre a été
arrêté à juin 2011, c’est qu’aujourd’hui, en septembre 2011, deux mois après,
nous sommes encore plus riches. Je subodore même que nous avons vaillamment
franchi la barre psychologique des 174 milliards de dollars. Ensuite, seconde
constatation qui saute aux yeux dans un bruit terrible de pièces d’or, le pays
n’a jamais été aussi riche depuis 1962, l’indépendance et le début de la fin.
Maintenant, c’est pas tout ! Qu’allons-nous faire avec ces 174 milliards de
dollars sur les bras ? D’abord, vérifier qu’ils sont bien sur nos bras, et pas
sur d’autres bras pas forcément amicaux ni partageurs. Pour l’heure, je dois
bien l’avouer, je ne sens pas vraiment le poids de ces 174 milliards sur mes
bras. Mais je dois bien l’admettre, je ne suis pas un étalon de mesure fiable.
Je souffre d’arthrose, mes terminaisons nerveuses se nécrosent de plus en plus,
rendant mes bras et mes avant-bras de moins en moins sensibles au poids, à la
charge. Si parmi vous, amis lectrices et lecteurs, il s’en trouve qui sont
sains, ne souffrent pas de rhumatismes des bras ravageurs et qui sentent bien
eux le poids des 174 milliards de dollars sur leurs bras, qu’ils me le disent,
ça me rassurerait ! Mais ne perdons pas le fil de notre tête-à-tête avec les 174
milliards de dollars. Quand vous faites face à un tel tas de billets, quelle
attitude adopter ? Le vouvoiement, bien sûr ! Il faut apprendre à vouvoyer. Ne
vous inquiétez surtout pas de choquer, autour de vous chacun comprendra que
vouvoyer 174 milliards de dollars, c’est la moindre des choses que nous
puissions faire. Et ensuite ? Une fois que vous avez appris à vouvoyer 174
milliards de dollars, que faites-vous ? Prendre des photos. N’hésitez pas à
prendre des photos. Et si votre appareil est muni de la fonction vidéo, filmez
aussi ! C’est plus prudent. Pour la postérité surtout. Car il n’est pas dit que
vous vous retrouviez à l’avenir dans cette posture, assis en face de 174
milliards de dollars. Alors, autant garder des traces. Vos petits-enfants, en
fouillant dans les coffres à souvenirs de la famille, pourront toujours dire
«tiens ! Là, tu vois, c’est grand-père en face d’un tas de dollars en train de
les vouvoyer !» Ça sera toujours ça comme héritage aux générations futures ! En
priant tout de même très fort pour que vos petits-enfants ne souffrent pas,
comme vous, d’arthrose aiguë aux bras. Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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