26 milliards de dinars ! Un budget colossal pour embellir Alger.
Mon Dieu ! Tout cet argent juste pour…… effacer une
ligne bleue !
Attention ! Je ne vois pas toujours les choses en noir, et je ne suis pas un
grognon professionnel. Ah ! ça, non ! Je sais être positif quand il le faut !
Prenez les réformes et les promesses de nos dirigeants. Eh bien, je suis prêt à
adhérer aux premières et à gober goulûment les secondes. Quand, exactement ? Je
m’en vais justement vous le dire ! Je croirai aux promesses de réformes d’Abdekka
et de sa cour lorsque je croirai le renard qui viendrait m’expliquer que s’il
est entré dans la basse-cour, c’est juste à cause du froid hivernal et de son
besoin de trouver un petit endroit chaud pour roupiller paisiblement. Je croirai
aux promesses de réformes du châtelain lorsque Chakib Khelil demandera lui-même
à être entendu par la justice algérienne. Je croirai aux réformes du châtelain
lorsqu’il sera officiellement exigé des pontes de ce régime de rembourser les
prises en charge qui leur auront été offertes à eux et à leurs familles pour des
accouchements soft, des liftings, des séjours de remise en forme ou des cures de
rajeunissement dans les boues miraculeuses qui bordent la mer Morte, en
Jordanie. Je croirai aux réformes du châtelain lorsqu’en plus du caractère
obligatoire des déclarations de patrimoine de nos dirigeants, on leur impose
aussi de préciser où sont scolarisés leurs enfants et le montant des bourses
dont bénéficient ces chers chérubins. Je croirai aux promesses du châtelain
lorsqu’on me dira qu’à partir de demain, sans faute, le 25 décembre 2011, le
paiement par chèque dans les transactions égales ou supérieures à 50 000 dinars
est obligatoire et ne prête à aucune discussion, ni aménagement, ni disposition
dérogatoire. Je croirai aux promesses du châtelain lorsque je verrai à l’ENTV la
retransmission de l’audition d’Alain Juppé par les députés de l’Assemblée
algérienne. Les députés de la prochaine mandature, bien sûr, parce que les
actuels, «Mat’sakoun’tiche» ! Je croirai aux réformes du châtelain lorsqu’un JT
du boulevard des Martyrs de l’information ne consacrera pas une seconde au
président de la République, parce que ce jour-là, objectivement, le raïs n’aura
rien fait, se sera reposé, aura fait un break ou sera resté sous sa couette,
partant du principe qu’un président a lui aussi le droit citoyen à une journée
de congé, au moins une journée. Je croirai aux réformes du châtelain lorsque
l’usage abusif, trompeur et falsifié de la main de l’étranger et son agitation
fallacieuse sous nos nez seront durement punis par la loi. Je croirai aux
réformes du châtelain lorsque la greffe d’un téléphone ne sera plus pratiquée
sur les oreilles des magistrats. Je croirai aux réformes du châtelain lorsque le
seul critère de réussite d’un journal, ça sera sa qualité et sa capacité à
intéresser les lecteurs, et pas la pub offerte et distribuée par le petit Papa
Noël, à travers une porte dérobée du château. Voilà quelques petites conditions
fort négligeables, qui ne mangent pas de pain, qui ne demandent pas de gros
efforts et qui m’amèneraient à enfin croire aux réformes et aux promesses du
châtelain. Vous voyez bien que je ne suis pas quelqu’un de difficile ni un
corbeau condamné à ne voir les choses que peintes en noir. Mais non ! Mais non !
Je suis même très ouvert et très optimiste. Je sais que tout cela se réalisera
un jour. Après la révolution ! En attendant, je fume du thé et je reste éveillé,
le cauchemar continue.
H. L.
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