Samedi 7 Janvier 2012
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Manil n’a rien à voir dans les coups d’Etat
contre Ben Bella et Chadli !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Naufrage du chalutier de Ténès. Un deuxième corps repêché à Club-des-
Pins. Comment a-t-il…

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Bien sûr qu’il faut toujours avoir de la compassion pour des malades. Surtout si ces malades sont des personnes âgées. Surtout si ces malades âgés ont été présidents du pays. Il ne faut jamais ricaner aux abords du brancard d’un grand malade. Et Dieu m’en est témoin, je n’ai jamais ri de la maladie de quelqu’un. Surtout pas de celle du petit chérubin, Manil. C’est lui qui m’est venu à l’esprit dès que j’ai appris le transfèrement des ex-présidents de la République Ben Bella et Chadli en France. J’ai soudain mesuré combien les montagnes d’obstacles levées à la face des parents de Manil se sont effondrées devant l’évacuation en urgence, à l’étranger, des deux anciens chefs d’Etat. Disparus subitement-tout-à-coupsubrepticement- sur-le-champ les contentieux entre la Sécu d’ici et la Sécu de là-bas. Evanouis les différents monstres et décrits comme insurmontables entre les organismes de couverture sociale algérien et français. C’est comme s’il n’y avait jamais eu de dossiers de santé en souffrance de règlement entre les deux pays. En un battement de cils, en un claquement de doigts impérieux, les ambulances ont transporté les raïs à la retraite vers les aéroports. Là-bas, des avions vachement spéciaux attendaient ces malades vachement spéciaux eux aussi. Aucun retard. Aucun risque de débrayage des pilotes ni des stewards. Tout était réglé sur le mode «Naâm Sidi !». La République d’en haut se renvoie l’avion et les hôpitaux parisiens. Saha ya Rabbi ! Oh ! S’il vous plaît, ne me demandez surtout pas d’éviter d’enfourcher aussi allègrement le cheval fou du populisme en établissant des parallèles entre deux «prestigieux» présidents et un gamin anonymus. Ne me dites pas non plus que ces deux vieillards ont eu droit aux égards normaux auxquels ont droit les dignitaires de tous pays. Manil et tous les naufragés du système de santé algérien ont eux aussi le droit. Le droit de ne pas mourir dans un couloir sale de cette république de vieillards pimpants et requinqués au Val-de-Grâce. Juste ce droit-là. Alors, oui ! Aujourd’hui, je fais l’aumône. Je tends la main. Je mendie un peu de vie pour Manil et pour les Mah’gourine. Je fais une proposition. Continuez à vous envoyer mutuellement à l’étranger pour vos soins divers, mais faites au moins un geste, gens du Palais ! Ce geste : pour chaque Zaïm, chaque notable pris en charge en France ou partout ailleurs à l’étranger, cent (100) malades anonymus eux aussi pris en charge. Un pour cent ! Une équation gérable. Pour l’heure, bien sûr. En attendant que nous redevenions un pays. Un pays se définissant d’abord par l’égalité des chances de ces citoyens à être soignés convenablement. Présidents, ex-présidents ou enfant de guellil ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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