|
Elections. Medelci confirme. En mai 2012, l’armée n’interrompra pas le…
… second tour des législatives
de décembre 1991 !
Les flammèches n’avaient pas encore eu le temps de s’éteindre complètement à
Oran qu’un nouveau départ de feu a été signalé à Bouira, mettant en alerte les
pompiers du Palais. Hier, lundi, des Algériens sont sortis manifester leur
colère de vivre mal. De vivre si peu. De vivre de moins en moins à peu près. Des
arrestations ont eu lieu. D’après des P-V d’auditions en notre possession,
aucune main de l’étranger ne figure parmi les personnes arrêtées. Dans les mêmes
P-V, en lisant et relisant les réponses des citoyens mis en cabane – en chalets,
plus exactement — il n’est jamais fait mention des deux meneurs dangereux
signalés jusque-là à travers tout le pays et dont les portraits sont accrochés
dans tous les commissariats, j’ai nommé et nominé le bidon d’huile et son
comparse, le kilo de sucre. Autre fait notable, les manifestants arrêtés à
Bouira n’étaient pas connectés en réseau avec leurs collègues d’Oran et ne
disposaient pas, pour la plupart, de pages Facebook ni de comptes Tweeter. D’où
cet énorme casse-tête : où caser la théorie du complot dans ces émeutes qui
secouent le pays de part en part ? Vers qui ou quoi le régime va-t-il pouvoir
pointer son doigt accusateur ? J’ouvre ici une petite parenthèse. J’ai toujours
été admiratif, fasciné même devant ce pouvoir extraordinaire des gens du Palais.
Ils sont dotés de doigts accusateurs toujours prêts à être dirigés sur une
cible. Toi qui, en théorie, as deux mains comme eux, tu voudrais bien de temps à
autre utiliser l’un de tes doigts en mission de pointage accusateur, mais rien !
Dès que tu oses lever le petit doigt, on t’enserre aussitôt les poignets, les
mains et les doigts qui vont avec dans des menottes. Parenthèse du doigt
accusateur fermée. Par contre, reste ouverte l’autre grande parenthèse, celle de
nouvelles émeutes dans différentes régions du pays sans que le pouvoir puisse y
glisser un soupçon de complot ourdi. C’est intenable ! A Oran, comme à Bouira ni
l’ambassadeur de France, ni son collègue des Etats-Unis, encore moins celui du
Liechtenstein ne se sont rendus ces derniers jours. Donc, cette piste de la
manip’ est à écarter. Pas trace non plus d’agents dormants d’Amnesty
International ou de Human Rights Watch sillonnant l’autoroute Est- Ouest et y
distribuant gratuitement des pneus usagers. Même pas un petit Kabyle qui aurait
été arrêté dans un bus avec un cabas bourré de Bibles et sous le nez duquel le
régime aurait pu carrer son doigt accusateur. Rien de tout cela. La dèche,
Khouya ! Y’a des émeutes. Y’a des manifestants. Ya personne derrière eux. Sinon,
d’autres manifestants. Par contre, y’a des flics et des gendarmes devant tout ce
beau monde. Entre les deux, des barricades. Et au sommet de la montagne, y’a le
régime armé d’une catapulte et qui tente vainement de balancer dans le tas un ou
deux complots, trois ou quatre tentatives de déstabilisation émanant de forces
obscures jalouses de notre réussite et quelques milliers de logements en guise
d’airbags. Dans ce scénario serré, dans ce casting hyperbooké, dans cette boîte
de harengs presque hallal, impossible de caser une goutte d’huile ou un grain de
sucre. C’est fou ce que les temps changent, tout de même ! Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
|