Dimanche 29 Janvier 2012
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Sports
Femme magazine
Le Soir Santé
Culture
Contribution
Chronique du jour
Voxpopuli
Pousse avec eux
Edition du jour
 
 
 
Nos archives en HTML


Mal de crâne !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Youcef Yousfi, le ministre de l’Energie, l’a promis :
«Désormais, il y aura un contrôle renforcé sur les huiles.»
Bien ! Très bien !

Et le contrôle sur les grosses,
les très grosses huiles ?

Un juge anti-terroriste français veut venir en Algérie afin d’y autopsier les crânes des sept moines de Tibhirine, assassinés par les GIA. Le même juge, sûrement un hyperactif, veut aussi entendre Abderrezak El Para. Il faut que ce magistrat comprenne une bonne fois pour toutes qu’ici, en Algérie, la justice est indépendante. Totalement indépendante de notre bonne volonté, mais complètement en phase avec les antennes-relais. Et il ne suffit pas de vouloir venir en Algérie, comme une petite fleur des champs, en annonçant sa volonté ferme d’y analyser des crânes dévots pour que cela se fasse. Doucement, camarade Trévidic ! Ici, en Algérie, nous avons un gros problème avec les crânes, à l’origine, déjà. Les meilleurs crânes d’entre nous, nous les faisons fuir. Ceux qui s’entêtent à réfléchir autrement que comme prescrit dans le manuel de bonne conduite des crânes patriotes, on les range discrètement dans des placards. Et lorsque des crânes se mettent soudain à vouloir gambader tout seuls, hors des placards, sans demander leur avis aux gardiens du temple des crânes, on leur coupe les jambes ! Ce bon juge français aurait annoncé sa volonté d’autopsier des bras, des jambes, des queues ou toute autre partie du corps humain, je ne dis pas ! Mais des crânes ! Une fois pour toutes mon brave, il faut que vous compreniez notre rapport conflictuel avec les crânes et les cerveaux. Je vous prends un exemple récent : la France, votre pays, monsieur le juge, était prête à nous restituer une dizaine de crânes d’illustres figures de notre révolte contre l’invasion coloniale. Parmi eux des «bandits d’honneur» comme Boubaghla. Vous penseriez le plus logiquement du monde qu’Alger se serait félicité de ce geste, n’est-ce pas ? Eh ben non ! Alger se fout royalement de ces crânes et ne semble pas outre mesure pressée de les voir revenir ici dare-dare. Alors que dans le même temps, on nous a bassinés pendant des semaines avec «l’impérative nécessité historique et révolutionnaire » de récupérer un grand canon, emblème paraît-il de notre splendeur d’antan. Un canon rouillé, oui ! Marhaban ! Mais dix crânes vachement bien conservés de compatriotes ayant mouillé leurs chemises pour notre honneur, pas question ! Non ! Je vous le répète monsieur le magistrat, votre requête tombe vraiment mal, car nous sommes très chatouilleux sur tout ce qui a trait aux crânes et autres matières grises. Et là, je n’évoque même pas le ridicule de votre autre demande, celle qui consiste à vouloir entendre et auditionner Abderrezak El Para. Mais ça n’va pas non ? Vous vous rendez compte que 36 millions d’Algériens attendent avant vous de l’entendre ce bougre d’éclopé ? Faites la queue comme tout le monde, juge Trévidic ! Laissez-nous au moins la primeur d’entendre Abderrezak El Para nous expliquer que l’assassinat de Boudiaf est un acte isolé commis à la frontière avec le Maroc et la Mauritanie ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Nombre de lecture : 3605

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site