Samedi 18 Février 2012
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Cendres fertiles !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Algérie. Législatives. L’envoi d’observateurs étrangers
se précise.

La Syrie donne son accord !

Ah ! Ben là, c’est ce que j’appelle une initiative citoyenne. C’est surtout un moyen non dangereux de protester contre l’absence des autorités : l’immolation par le feu des… cartes d’électeurs ! Fallait y penser. En Kabylie, plusieurs villages délaissés pendant les intempéries, au bord du cannibalisme parce que n’ayant plus rien à se mettre sous la dent, ont eu la géniale idée de montrer leur sens des responsabilités citoyennes. Pas question de s’asperger le corps d’essence et d’y mettre le feu. Non ! Les Algériennes et Algériens de ces régions montagneuses ont procédé autrement, une démarche qui devrait faire date. Ils ont procédé collectivement à l’immolation de leurs cartes de votant. Vous savez, les petits bouts de carton qui arrivent dans vos boîtes en toutes circonstances, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse beau. D’ailleurs, c’est une vraie énigme que ces cartes d’électeur. Les routes étaient coupées ces dernières semaines à travers tout le pays, les camions de bonbonnes de butane ne pouvaient desservir les localités, les fournisseurs ne pouvaient faire leurs tournées des épiceries et des commerces, mais les cartes, elles parvenaient, parvenaient et parvenaient encore à leurs destinataires. Mon Dieu ! Existerait-il des circuits parallèles, secrets, jamais déclarés par Daho Ould Kablia et à travers lesquels seraient ainsi acheminées les cartes de vote, vaille que vaille ? A creuser ! Reste que le geste des habitants de ces villages kabyles est à saluer comme une première. Et pas seulement une première en Algérie. Non ! L’initiative kabyle relativise même la portée du geste du Tunisien Bouazizi. Et c’est en cela que je reconnais le génie de mes compatriotes. Nous sommes novateurs, pionniers. Se brûler, se cramer, c’est déjà ringardisé, dépassé. Place aux immolations plus symboliques, moins citoyennement contraignantes. Brûler sa carte d’électeur, plutôt que de se brûler, c’est comme gueuler aux oreilles du régime : «Tu vois ! Tu ne m’auras pas. Tu n’arriveras pas à éliminer ce peuple à petit feu. Nous ne nous brûlerons plus. Mais brûlerons vos symboles d’inféodation. » Mazette ! Ça ouvre des perspectives nouvelles. Je sens déjà qu’il va y avoir des affiches électorales, des programmes de candidats, des prospectus programmatiques, des tracts qui vont tâter du feu et finir en cendres. Mmmmmm ! Sentez-vous ces premiers signes d’une chaleur annonciatrice d’un superbe printemps. Allez ! Je vais moi aussi en rajouter une couche, apporter ma contribution au réchauffement climatique en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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