Algérie. Législatives. L’envoi d’observateurs étrangers
se précise.La Syrie donne son accord !
Ah ! Ben là, c’est ce que j’appelle une initiative citoyenne. C’est surtout un
moyen non dangereux de protester contre l’absence des autorités : l’immolation
par le feu des… cartes d’électeurs ! Fallait y penser. En Kabylie, plusieurs
villages délaissés pendant les intempéries, au bord du cannibalisme parce que
n’ayant plus rien à se mettre sous la dent, ont eu la géniale idée de montrer
leur sens des responsabilités citoyennes. Pas question de s’asperger le corps
d’essence et d’y mettre le feu. Non ! Les Algériennes et Algériens de ces
régions montagneuses ont procédé autrement, une démarche qui devrait faire date.
Ils ont procédé collectivement à l’immolation de leurs cartes de votant. Vous
savez, les petits bouts de carton qui arrivent dans vos boîtes en toutes
circonstances, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse beau. D’ailleurs, c’est
une vraie énigme que ces cartes d’électeur. Les routes étaient coupées ces
dernières semaines à travers tout le pays, les camions de bonbonnes de butane ne
pouvaient desservir les localités, les fournisseurs ne pouvaient faire leurs
tournées des épiceries et des commerces, mais les cartes, elles parvenaient,
parvenaient et parvenaient encore à leurs destinataires. Mon Dieu !
Existerait-il des circuits parallèles, secrets, jamais déclarés par Daho Ould
Kablia et à travers lesquels seraient ainsi acheminées les cartes de vote,
vaille que vaille ? A creuser ! Reste que le geste des habitants de ces villages
kabyles est à saluer comme une première. Et pas seulement une première en
Algérie. Non ! L’initiative kabyle relativise même la portée du geste du
Tunisien Bouazizi. Et c’est en cela que je reconnais le génie de mes
compatriotes. Nous sommes novateurs, pionniers. Se brûler, se cramer, c’est déjà
ringardisé, dépassé. Place aux immolations plus symboliques, moins citoyennement
contraignantes. Brûler sa carte d’électeur, plutôt que de se brûler, c’est comme
gueuler aux oreilles du régime : «Tu vois ! Tu ne m’auras pas. Tu n’arriveras
pas à éliminer ce peuple à petit feu. Nous ne nous brûlerons plus. Mais
brûlerons vos symboles d’inféodation. » Mazette ! Ça ouvre des perspectives
nouvelles. Je sens déjà qu’il va y avoir des affiches électorales, des
programmes de candidats, des prospectus programmatiques, des tracts qui vont
tâter du feu et finir en cendres. Mmmmmm ! Sentez-vous ces premiers signes d’une
chaleur annonciatrice d’un superbe printemps. Allez ! Je vais moi aussi en
rajouter une couche, apporter ma contribution au réchauffement climatique en
fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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