Faute de preuves, le dossier du financement occulte
des partis islamistes algériens est remis aux…… calendes
turques !
Hum ! Hum ! Une commission nationale de surveillance des législatives qui
débraye 3 jours pour protester contre des trucs pas très nets qui se préparent à
quelques semaines du scrutin ? Hum! Hum ! Une commission qui, à peine installée,
entre en dissidence ? Hum ! Hum ! Une commission de surveillance des
législatives qui s’insurge à demi-mot contre ce qu’elle qualifie avec des quarts
de mots de «gonflage du corps électoral dans le sud du pays» ? Hum ! Hum ! Non !
Rassurez-vous, je n’ai pas de chat dans la gorge, et je n’ai pas non plus
attrapé froid. C’est juste que je «humhumise» à force de «perplexiser » face à
cette décision de la commission de geler son activité trois jours. Allez savoir
pourquoi je n’arrive pas à m’enflammer devant cet acte de «bravoure »
républicaine. Peut-être suis-je blasé au point de ne plus m’enflammer pour rien.
Peut-être aussi l’habitude, celle de voir toutes les commissions de surveillance
se faire installer bien confortablement, se faire mettre en cage avec de beaux
barreaux dorés et ne rien surveiller du tout, tout en se gardant de trop se
l’ouvrir. Peut-être aussi parce que bizarrement, des membres de cette commission
s’en sont pris à l’armée, et que même civil, même très en colère contre les
généraux qui bavassent à tort et à tort, je trouve tout de même bizarre cette
levée de boucliers depuis quelques semaines contre l’institution militaire. Je
la trouve même vachement minutée, synchronisée au diable, à la limite de la
campagne commandée. Quand je sais que la «commission rebelle» a été installée
par le châtelain et bénie sur les marches en marbre blanc du Palais, ma gorge
reprend ses Hum ! Hum ! Et même les roches se mettent à se glisser sous les
anguilles tellement les odeurs dans l’air me semblent nauséabondes. On aurait
voulu piéger l’ANP, dans son acception de dernier rempart contre l’islamisme
intégriste que l’on n’aurait pas mieux monté ce scénario de débrayage de la
commission de surveillance des législatives. En arabe parlé, dans le langage
courant, celui de la rue, il y a un terme qui décrit fort bien cette situation :
«ett’baâbaâ !» oui ! Ett’baâbaâ tellement que ça en devient presque rigolo
d’amateurisme. On lance en l’air des rumeurs de gonflage du corps électoral, on
demande à quelques coqs et quelques poules habitués des miettes lancées dans la
cour du palais de chantonner sans cesse cette rengaine du bourrage des listes
déjà entamé et on montre du doigt, avec un gros doigt boudiné, enflé par la
maladie et la haine rancunière, les casernes dans l’intention évidente d’y faire
focaliser toutes les attentions «droits-de-l’homistes», les bien comme les
malintentionnées, et le tour est joué. S’il y a fraude le 10 mai, c’est pas de
ma faute, c’est à cause d’eux, là-bas, les méchants bidasses. Décidément, à se
rabattre sur ce genre de montages, c’est qu’ils doivent mouiller du froc dans le
Palais. Hum ! Hum ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |