Dimanche 10 juin 2012
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La vie sans eux ! La vie devant soi !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Juste comme ça, par simple curiosité, pour savoir, bark :
le gardien de but du Mali, il est …

Azawad ou Ançar Dine ?

Sortir un matin. Un matin sans fards, sans hululement des sirènes régulatrices. Sortir, avec tout de même collée aux basques cette peur. Et puis, pas après pas, rencontre après rencontre, prendre la mesure. Se la murmurer. Mais vraiment un murmure, car à ce stade de la découverte, on ne sait pas encore trop si c’est vrai, si la chose s’est réellement produite. Puis, le murmure cède petit à petit la place à un bourdonnement presque joyeux, pour finir en vacarme chanté sur l’arpège d’un bonheur que l’on pensait inatteignable. Ça y est ! Ils ne sont plus là ! Ils ont dû partir, la nuit, pendant le sommeil, au moment de nos cauchemars lourds, avant l’aube qui démasque les voleurs et les fuyards. Les chaînes humaines commencent alors à se former. Les yeux à s’agrandir sans cligner et sans se baisser aux ordres. Tout de même un peu de crainte lorsqu’on passe à la lisière du siège, ou de ce qu’il en reste. Va savoir ! Quelques irréductibles snipers. Quelques illuminés des temps anciens tenant en joue les premiers libérés du camp de la peur. Et ces trois lettres, un peu partout, sur les frontons d’une république en reliques à demi-calcinées. Mazette ! Regarder en face les lettres F, L, et N sans craindre de se faire mordre, de se faire enguirlander ou de se faire carrément avoir. Découvrir qu’il y a une vie possible sans Belkhadem, sans Si Affif, sans Abada, sans le prochain comité central, sans le quota atteint ou pas par les fidèles à l’Empastillé ou par ses redresseurs, ceux d’en face. Réapprendre à s’entendre, à s’écouter, à vivre ensemble sans le pin’s d’honorabilité accroché au revers de la veste. Redevenir être pensant, après la lobotomie que l’on croyait irréversible. Reprendre possession de la rue, pour autre chose que les processions d’enfants habillés hideusement et contraints de chanter à la gloire du p’tit père de la nation. S’aimer ! Oui ! S’aimer, juste ça. S’aimer ! Sans passer par le visa d’amour calibré et certifié par le parti- Etat. Mon Dieu ! Vivrais-je jusqu’à ce jour ? Celui de la libération. Celui de l’indépendance. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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