Juste comme ça, par simple curiosité, pour savoir, bark :
le gardien de but du Mali, il est …Azawad ou Ançar Dine
?
Sortir un matin. Un matin sans fards, sans hululement des sirènes régulatrices.
Sortir, avec tout de même collée aux basques cette peur. Et puis, pas après pas,
rencontre après rencontre, prendre la mesure. Se la murmurer. Mais vraiment un
murmure, car à ce stade de la découverte, on ne sait pas encore trop si c’est
vrai, si la chose s’est réellement produite. Puis, le murmure cède petit à petit
la place à un bourdonnement presque joyeux, pour finir en vacarme chanté sur
l’arpège d’un bonheur que l’on pensait inatteignable. Ça y est ! Ils ne sont
plus là ! Ils ont dû partir, la nuit, pendant le sommeil, au moment de nos
cauchemars lourds, avant l’aube qui démasque les voleurs et les fuyards. Les
chaînes humaines commencent alors à se former. Les yeux à s’agrandir sans
cligner et sans se baisser aux ordres. Tout de même un peu de crainte lorsqu’on
passe à la lisière du siège, ou de ce qu’il en reste. Va savoir ! Quelques
irréductibles snipers. Quelques illuminés des temps anciens tenant en joue les
premiers libérés du camp de la peur. Et ces trois lettres, un peu partout, sur
les frontons d’une république en reliques à demi-calcinées. Mazette ! Regarder
en face les lettres F, L, et N sans craindre de se faire mordre, de se faire
enguirlander ou de se faire carrément avoir. Découvrir qu’il y a une vie
possible sans Belkhadem, sans Si Affif, sans Abada, sans le prochain comité
central, sans le quota atteint ou pas par les fidèles à l’Empastillé ou par ses
redresseurs, ceux d’en face. Réapprendre à s’entendre, à s’écouter, à vivre
ensemble sans le pin’s d’honorabilité accroché au revers de la veste. Redevenir
être pensant, après la lobotomie que l’on croyait irréversible. Reprendre
possession de la rue, pour autre chose que les processions d’enfants habillés
hideusement et contraints de chanter à la gloire du p’tit père de la nation.
S’aimer ! Oui ! S’aimer, juste ça. S’aimer ! Sans passer par le visa d’amour
calibré et certifié par le parti- Etat. Mon Dieu ! Vivrais-je jusqu’à ce jour ?
Celui de la libération. Celui de l’indépendance. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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