A quoi reconnaît-on les membres du Mujao, organisation terroriste
qui vient de revendiquer l’attentat contre la gendarmerie
d’Ouargla ?A leur accent parisien !
Reportage saisissant d’une télévision française du service public, en milieu de
journée. L’envoyé spécial de la chaîne, accompagné du caméraman sont accueillis
dans un territoire syrien non nommé, pour «raisons de sécurité», un endroit
contrôlé par la résistance syrienne. Les hommes armés, pas de femmes, sont tous…
disons… très poilus ! Mais vraiment poilus. Barbus, même. La caméra les prend
sous tous les angles. Et sous tous les angles, que des barbes hirsutes. Ces
hommes armés, à un moment donné du reportage, posent leurs fusils contre un mur,
et s’alignent pour une prière collective. Sous l’égide d’un soldat imam lui
aussi très très barbu, mais d’une barbe enduite de henné très très roux, presque
rouge sang. L’élément féminin est totalement absent des images, sauf lorsqu’il
s’agit de montrer des scènes de départ des familles vers des lieux moins agités.
Les hommes armés, une fois leur prière collective expédiée, reprennent leur
explication de texte avec l’envoyé spécial de la chaîne de télévision française
très très publique. Ils font visiter leurs casemates. Ils détaillent leur
armement. Ils sont fiers d’exhiber des RPG7 flambant neufs, que l’on aurait dit
à peine sortis des cartons. Sûrement des cartons de DHL ou d’UPS, sinon, je ne
vois pas comment des colis pourraient arriver dans cette zone. Et tout en
fournissant moult explications, les résistants ponctuent invariablement leurs
phrases par des «Allah Ou Akbar». Et au bout, ce malaise, tout de même ! Parce
qu’on ne va pas se la jouer sourds, aveugles ou c…, tout de même ! Pas un mot du
journaliste du service très très public français sur l’identité très très
islamiste de cette résistance. Cela semblait aller de soi, ne pas gêner outre
mesure que barbes, henné et khôl dirigent la lutte en Syrie. Wallah que rien du
tout ! Comme si ça allait de soi. On peut interdire strictement le port du niqab
à Paris. Mais aux alentours de Homs, c’est tellement grisant de filmer des
intégristes armés dont on espère qu’ils vont finir par faire tomber Assad.
Malaise et re-malaise. J’ai retrouvé dans ce reportage d’une chaîne de
télévision française très très publique la même exaltation, le même enthousiasme
exprimé le 1er février 1979, par les mêmes chaînes de télé françaises lors du
départ de Khomeiny de France vers l’Iran. Le Paris bien pensant s’extasiait du
retour du messie à la barbe déjà blanche à Téhéran, comme une promesse de
révolution chantante. On a vu ensuite ce qu’a donné la chanson interprétée par
tout le boys-band d’ayatollahs ! Eh ben là, avec la Syrie, bizarrement, même
«aveuglement». Personne sur les deux rives de la Seine pour dire juste : «Eh !
Oh ! Pouce ! Mais là, les mecs, on a affaire à des intégristes. Des tangos. Des
gens d’Al- Qaïda ou de l’une des franchises d’Al-Qaïda.» Rien ! Ah ! Il est
devenu joli, notre métier ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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