Dimanche 28 Octobre 2012
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Actualités : PROCÈS DE L’ASSASSINAT DE L’ENTREPRENEUR HEND SLIMANA
Condamnations à mort contre huit prévenus dont un en fuite


Trois jours d’audience et plusieurs heures de délibéré ont été consacrés par le tribunal criminel de Tizi-Ouzou pour démêler l’écheveau et rendre son verdict dans l’affaire de la tentative de kidnapping puis de l’assassinat de l’entrepreneur Hend Slimana ainsi que du rapt et la séquestration de son cousin Omar.
Une affaire rocambolesque qui continue de défrayer la chronique et qui remonte à l’année 2010, quand les deux victimes qui s’apprêtaient à rentrer chez elles, de nuit, à bord de leur véhicule sur une route de campagne, dans les environs d’Aghribs, furent interceptées à un faux barrage dressé par un groupe d’individus armés constitués en réseau de 14 membres, formant une véritable entreprise criminelle. Douze parmi ces derniers étaient présents au box des accusés et à l’encontre desquels le tribunal prononcera de lourdes peines. Huit condamnations à mort ont été retenues contre Tchatchi Boussad et son cousin Juba, Helifi Sadek, magistère 2e année en droit et présenté comme la tête-pensante et le cerveau du groupe, Samadi Omar, Amiri Lyès, Ibouchoukène Sofiane et son frère Hassene et Sellah Djamal qui demeure en fuite. Trois autres peines de 8, 3 et 5 années de prison ferme ont été prononcées, respectivement à l’encontre de Boukersi Abderazak, Boukersi Mohamed et Adour Rabah. Alors qu’un autre individu en fuite a écopé de 20 ans de prison ferme. Ce verdict conforme aux attentes et à la quasi-totalité des demandes de la partie civile n’est tombé qu’à l’aube du quatrième jour, le jeudi à près de 3 heures du matin. Un procès marathon consacré à de longues plaidoiries des sept avocats de la partie civile, du représentant du ministère public ainsi que du collectif d’avocats au nombre de pas moins de dix-sept qui se sont constitués pour défendre les droits des 14 prévenus dont deux sont en fuite. Un long tour de table qui aura duré plus d’une demi-journée et de longues heures de débat ont été nécessaires au juge, à ses assesseurs et aux deux membres du jury pour rendre le verdict dans une affaire qui a défrayé la chronique et qui a eu un retentissement médiatique à la mesure de la gravité de pas moins de huit chefs d’inculpation. Les 14 mis en cause dans cette affaire sont impliqués dans une véritable entreprise criminelle où se mêlent la constitution d’une association de malfaiteurs, la détention et l’usage d’armes de guerre, le rapt et la séquestration de personnes, assassinat et tentatives d’assassinat, vols et braquage à main armée. Il est reproché aux accusés d’avoir pris part à deux enlèvements, un meurtre et une tentative de meurtre, blessures volontaires et plusieurs affaires d’extraction de fonds dans des braquages à main armée. Lors des débats, le procureur de la République ainsi que les avocats de la défense des droits des ayants droit de la victime H. Slimana ont axé leurs interventions et leurs plaidoiries sur le caractère prémédité des actes criminels reprochés à l’ensemble des prévenus. Le procureur de la République dira, en substance, que les accusés ont profité du climat de sérénité et de calme revenu dans le pays pour agir par préméditation et traîtrise contre la victime qu’ils connaissent, du reste, bien puisqu’ils sont de la même région. Le représentant du ministère public s’est, en outre, longuement attardé sur le respect de la procédure judiciaire durant toutes les étapes de l’instruction de l’affaire. Il défendra la consistance et la solidité du dossier qui renferme, selon lui, des preuves vérifiées par le truchement des expertises techniques et étayées par la présentation de pièces à conviction. Le procureur de la République s’attachera durant son long réquisitoire, en s’appuyant sur les preuves et les aveux des mis en cause recueillis durant l’instruction, à démontrer l’implication de chacun des accusés dans les faits pour lesquels ils sont jugés. Un argumentaire qui n’a pas été partagé par le collectif d’avocats de la défense qui a requis la stricte application de l’article 212 du code de procédures pénales qui stipule que le juge ne peut rendre sa décision que sur la base des preuves qui ont fait l’objet de débat en plénière. Pour Me Salah Brahim, constitué pour la défense du prévenu Helifi Sadek, les déclarations faites devant le juge d’instruction ne peuvent constituer un aveu qui peut être pris en compte lors des délibérations par le tribunal, seules les déclarations faites devant le juge et lors du procès contradictoire sont considérées comme un aveu. En outre, les nombreux avocats de la défense ont plaidé l’absence de preuves étayées par des expertises scientifiques (ADN et relevé des empreintes). Pour leur part, les avocats de la partie civile considèrent qu’il y a suffisamment de preuves dans le dossier qui confirment l’implication de tous les accusés dans les faits qui leur sont reprochés. «Ces accusés sont tous impliqués dans une entreprise criminelle et cela a été prouvé par la planification et le mode opératoire, l’exécution de tous les actes perpétrés par les prévenus», dira Me Amar Zaïdi qui s’est dit intrigué par la liberté de mouvement et de circulation de certains membres du groupe qui se déplaçaient de Tizi-Ouzou ou vers Tizi-Ouzou à partir de Biskra, Béjaïa ou Tamanrasset alors qu’ils transportaient dans leurs différents voyages armes et munitions sans être inquiétés par la multitude de barrages des services de sécurité qu’ils rencontraient sur leur passage. «Le comble est qu’ils se permirent même de commettre sur leur passage des actes criminels, comme cité dans le dossier», fera constater l’avocat. Ce dernier en veut pour argument les déclarations officielles de l’un des accusés qui a avoué devant le juge d’instruction avoir acheté 2 kalachnikovs, 3 chargeurs et 40 balles à Tamanrasset et qu’il a acheminés à partir de cette ville vers Tizi-Ouzou, à bord d’un véhicule de marque 207. «Tout cet arsenal a été transporté sur un trajet de 2 200 km ponctué de pas moins de 600 barrages de contrôle des services de sécurité dotés de moyens de détection d’armes et de munitions», s’étonnera l’avocat. Il sera rejoint, pour souligner ces intrigantes défaillances sur le plan sécuritaire, par son confrère Me Mokrane Aït-Larbi, qui a mis l’accent, dans sa plaidoirie, sur l’insécurité qui prévaut dans toute la région de Tizi-Ouzou. «Il ne s’agit pas d’un problème de compétence des services de sécurité mais de l’absence de volonté politique», plaidera l’avocat qui pointera du doigt la responsabilité de l’Etat dans la dégradation de la situation sécuritaire dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Une déclaration qui résume l’esprit et l’inquiétude ressentie par l’écrasante majorité de la population locale intriguée par la récurrence et la multiplication d’actes criminels, des rapts avec demandes de rançon sur lesquelles les autorités judiciaires et policières restent muettes.
S. Aït-Mébarek

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