Mardi 27 novembre 2012
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Actualités : LE PREMIER CHEF DU GROUPE AU SÉNAT ÉCRIT À OUYAHIA
«Débarrassez-vous de certains membres du bureau»


J’ai démissionné de ma qualité de membre du CN en plein session et en plénière il y a de cela quelques années pour les mêmes griefs que vous adressent aujourd’hui un grand nombre de militants qui ont droits et devoirs sur et envers ce Parti autant que vous et comme vous.
Vous n’aimez pas la formule «Sauver le Parti»… je sais pourquoi et je vous comprends donc je ne l’utiliserai pas. Mais le Parti se devait de ne pas se laisser transformer en un tremplin d’ouverture de portes des institutions de l’Etat à ceux dont les agissements, les comportements, les attitudes et la nature sont aux antipodes des conditions de participation à la promotion de l’édification de notre Nation. Malheureusement, ces derniers sont légion au RND au grand dam de ceux qui nourrissaient des desseins autrement et hautement plus vertueux. Le processus qui a mené à cette situation, il est vrai, date de près d’une décade et, malheureusement, pendant tout ce temps, c’est vous qui avez exercé la charge de premier responsable malgré que ce soient certains de vos adjoints, que vous vous êtes toujours «minutieusement choisis» (deux d'entre eux négocient actuellement leur future position avec «les redresseurs») qui ont suscité et entamé la transformation de la vocation du Parti qui, de tribune de rassemblement de patriotes pour la défense du pays contre les turpitudes internes et externes, est devenu un petit «faire-valoir» aux opportunistes de divers bords en quête et en manque de notoriété, d’immunité et d’autres visées malhonnêtes . Sans la prétention du moralisateur, je vous rappelle mes discussions en aparté, mes allocutions au pupitre, mes écrits où je citais les gens nommément en signant au bas de mes lettres. J’étais un jour le seul à avoir voté contre la composante du Bureau national non sans avoir averti des dangers qui pointaient en 2002 déjà. En juin 2002, durant un point d’ordre lorsque je commençai à dénoncer les agissements des membres du BN, me coupant la parole vous me demandiez de venir «au bureau et de continuer la discussion» ; j’avais accepté à la condition que soit présente toute personne dont j’avais à citer le nom… malheureusement cela s’était arrêté là !!! Devez-vous être tenu pour responsable de tout ce qui s’est tramé autour de vous ?? A la veille d’élections, suite à mes différentes interventions et par dépit j’en suis arrivé à dénoncer nominativement de futurs candidats ainsi que les responsables organiques qui en profitaient, ce, pour vous amener à évaluer la menace de voir proliférer sur nos listes des enfants de harkis, des trafiquants notoires de tous genres, des «blanchisseurs d’argent sale, d’anciens intégristes ayant exercé des responsabilités graves, des renégats ; … enfin toutes sortes d’opportunistes. Nous nous sommes rencontrés à Mascara… j’ai insisté par écrit et nous nous sommes revus à Tlemcen. Ce que je faisais ne semblait pas vous plaire et je continuais à croire que vos «larbins » réussissaient à vous bander les yeux ; conséquences ? Nous avons garni nos institutions de bandits et je ne peux les dénommer autrement. A la veille de l’avant-dernier congrès et à propos de renégats, lors des consultations préliminaires à la constitution des listes des membres du prochain Conseil national vous me disiez ceci : «Si Tahir, je vous ai débarrassé d’une vermine, occupez-vous du reste.» Cette «vermine» est aujourd’hui, pour Novembre 2012, tête de liste APW dans une wilaya de l’Ouest après trois retournements de veste et vous avez fait campagne à ses côtés… ceci grâce à l’entremise de l’un de vos «larbin-adjoint». Je vous rappelle aussi et sous forme de questionnement : Grâce à qui feu Boumaâza Bachir (60 ans de militantisme pour la cause nationale) a-t-il été limogé de la présidence du Sénat après mon départ de cette institution où j’ai occupé les responsabilités de président du groupe parlementaire RND de 84 sénateurs dont il ne reste plus que l’ombre ? Ce sont ci-dessus quelques points de constat parmi une multitude d’autres et je ne cherche point à vous accabler, je n’en aurai peut-être pas la capacité et je n’en ai pas la volonté. Je n’aurais pas souhaité réagir maintenant pour ne pas vous laisser m’assimiler à ceux qui profitent du moment car vous croyant en position de faiblesse mais je suis à l’aise de ce côté car vous savez que je vous regardais droit dans les yeux et vous disais ce que je pensais être utile que vous entendiez pendant que personne ne vous donnait la réplique. Ne pensez pas non plus que je vous donne le «coup de l’âne», ce n’est pas dans mon éducation. Je vous ai dit et écrit un jour à propos de la déliquescence dans laquelle commençait à s’enfoncer notre Parti : «Qui s’accommode de la corruption s’en imprègne.» Aujourd’hui, les gens et parmi eux des élites intellectuelles doutent de ce que je n’aurais jamais imaginé : votre probité !! et ce, à cause de quelques-uns de vos adjoints qui vous ont poussé à faire du Parti ce qu’il est devenu. Force est de constater que quelqu’un comme moi (qui ne «pèse pas le poids de sa veste mouillée» comme vous avez l’habitude de qualifier ceux qui vous apportent la contradiction) ne peut que donner raison à ceux qui vous lancent des reproches. Monsieur Guidoum est un homme honorable et il vient de lancer un «appel aux militants » auquel on ne reste pas insensible. A mon tour et additivement à cela, je vous lance un appel à vous personnellement pour vous dire ceci, sans prétendre vous conseiller : Si vous aimez le RND, vous n’êtes pas le seul, pour peu que nous soyons sincères, faites le geste salvateur parmi toutes les solutions qui se présentent à vous en vue du redressement et re-rassemblement des forces d’antan. Je vous suggère de commencer par geler les activités de certains membres du Bureau national pointés du doigt et d’ouvrir les passerelles du dialogue qui permettra de renouer avec la position originelle du RND qui doit rester un Parti incontournable pour le bien de l’Algérie.
Mohamed Tahir,
président du groupe parlementaire RND à la première législature du Conseil de la Nation

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