Mardi 27 novembre 2012
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Actualités : NORDINE AÏT HAMOUDA RÉPOND À L’EX-PREMIER MINISTRE :
«Taisez-vous, M. Ouyahia»


Comme toujours, M. Ouyahia, président éternel du RND, se distingue encore une fois par la provocation, le cynisme et la manipulation de l’Histoire.
J’ai été outré de l’entendre comparer le 19 Mars 1962, date historique ô combien précieuse pour les Algériens, au printemps arabe. M. Ouyahia feint d’ignorer que la lutte pour la Libération nationale avait pour objectif «une République démocratique et sociale » que, malheureusement, son idole Boumediène, à la tête du clan d’Oujda, son école politique, a décidé de détourner avant de la trahir. A entendre M. Ouyahia parler du printemps arabe, revient à comparer Abane Ramdane à l’actuel président égyptien Morsi qui se prend à rêver d’une oligarchie. Les fondements de la Révolution algérienne avaient comme base la proclamation de Novembre et la plate-forme de la Soummam. En aucune façon elle n’avait vocation à mener les frères musulmans au pouvoir si l’armée des frontières, qui préparait la guerre contre le peuple algérien faute de l’avoir menée contre l’ennemi, n’avait renversé le GPRA, inaugurant la spirale du malheur qui l’a produit, formé et installé au sommet de l’Etat. Mais M. Ouyahia a raison sur un point : si les jeunes de Tunisie, d’Égypte, de Libye ou du Yémen n’avaient pas formellement élaboré un projet alternatif démocratique aux dictatures qu’ils affrontaient, l’écrasante majorité d’entre eux n’avait à aucun moment revendiqué l’absolutisme théocratique par lequel M. Morsi veut soumettre le Caire. Oui il y a eu détournement des révoltes des jeunes comme il y a eu confiscation du sacrifice du peuple algérien. Mais M. Ouyahia en est-il à une contradiction près ? Comme le ridicule ne tue pas, il s’associe, en les souillant, les combats que, non seulement il n’a pas menés, mais qui sont le contraire de ce qu’il s’applique à commettre sans foi ni loi, au point d’avoir provoqué des hauts-le-cœur, y compris dans le système qui l’a produit. La référence au Printemps berbère de 1980 est une insulte pour tous les militants du MCB. Les mentors de M. Ouyahia et lui-même sont les pires ennemis des revendications d’Avril 1980 qui étaient, entre autres, la reconnaissance de tamazight comme langue nationale et officielle, qu’il a oublié d’entendre à trois reprises comme chef du gouvernement et la démocratie politique et sociale pour tous les Algériens, c'est-à-dire le rejet de toute opération, pratique ou méthode politique qui, confisquant les moyens de l’Etat et détournant les voix des citoyens, font naître un parti du néant pour l’imposer au pays comme première force sur la scène algérienne. M. Ouyahia, il y a longtemps que nos concitoyens avaient perdu espoir de vous voir un jour faire preuve de retenue mais vous réclamer d’Avril 1980 prouve que, finalement, vous êtes encore pire que ce qu’a montré votre sinistre parcours. Vous êtes l’exact contraire des valeurs et principes d’Avril 80 et si vous deviez vous chercher des référents ou des modèles, vous avez le droit et le devoir de rechercher votre filiation politique chez M. Naegelin, le sinistre fraudeur dont vous êtes le digne héritier indigène. Certes, vous étiez trop jeune pour faire «le printemps du 19 Mars 1962» mais je peux témoigner que vous n’étiez pas avec nous pour le Printemps berbère de 1980. Mieux encore, alors que la langue amazighe a fini par s’imposer comme langue nationale après tant de sacrifices et de victimes, c’est vous-même qui avez remis au goût du jour la loi portant généralisation de la langue arabe, comme pour bien montrer que l’égalité des langues dans notre pays est une menace qui doit être suivie comme le lait sur le feu. Toujours aller au-devant des attentes des puissants. Vous avez déclaré aussi être pour «la peine de mort» après avoir affirmé le contraire à plusieurs reprises. Aucun animateur du Printemps amazigh ne s’est prononcé pour ce type de châtiment, même si certains d’entre eux ont failli en être victimes. A votre décharge, vous n’êtes pas le seul à avoir entamé la falsification d’Avril 1980. Je sais aussi que vous rêvez, et ce serait un autre malheur pour l’Algérie, d’être un jour président de la République ? Comme beaucoup de nos compatriotes, je vous connais capable d’exécuter tous vos opposants sans état d’âme. Le drame, c’est que comme ceux qui ont tué Abane, Chaabani, Khider, Krim et séquestré Amirouche et Haouès pour «sauver la révolution», les Algériens savent que, pour avancer, vous commettrez tous les forfaits en toute bonne foi, en avançant, vous aussi, la nécessité de ces liquidations pour l’intérêt de la nation. En la matière, vous avez été à bonne école. Sans avoir à mettre en application la peine de mort M. Ouyahia, votre bilan est jonché des crimes moraux et de morts sociales et symboliques ! Avez-vous pensé un seul instant aux drames des familles des cadres que vous avez emprisonnés pour complaire à vos tuteurs dont vous pensiez qu’ils vous aideraient à assouvir vos desseins politiques ? Avez-vous pensé à ces contingents d’enfants, victimes de tous les fléaux et maux de la société à cause de votre système éducatif qui a sinistré l’école algérienne ? Comme pour les cadres emprisonnés, vous avez brisé à vie ces enfants en prenant soin de protéger les vôtres de la boucherie ! Voilà M. Ouyahia pourquoi les Algériens ne vous donneront jamais l’occasion d’appliquer la peine de mort car elle est contraire à la morale, au droit international et aux droits de l’Homme ; autant de vertus qui vous sont étrangères et que vous avez combattues. Taisez-vous, M. Ouyahia !
Nordine Aït Hamouda,
fils du colonel Amirouche, ex-député RCD

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