Actualités : CANDIDATURE DE BOUTEFLIKA
Perte de sérénité chez les comités de soutien



Eloquent que cet aveu de perte d’assise et de repères auquel s’est rendue la Coordination nationale des associations de soutien au programme du président de la République, de loin la plus active, jadis, sur le terrain. Un état de fébrilité que cache mal cette réaction aux manœuvriers qui voudraient empêcher Bouteflika de se représenter.


Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - L’indétermination du chef de l’Etat quant à sa représentation pour un quatrième mandat a contraint, il faut le dire, la coordination à l’hibernation. Plus que de coutume, à l’approche d’une élection présidentielle. N’étaient les interrogations de la presse autour du silence des comités de soutien au programme du président et des voix de plus en plus nombreuses qui refusent un mandat supplémentaire pour Bouteflika, la coordination, présidée par Ahmed Kada, aurait peut-être continué à faire le mort. La multiplication des oppositions à la candidature de Bouteflika l’a secouée et aidée à sortir de sa torpeur. Et c’est dans un communiqué, concis, qu’elle s’est rappelée aux souvenirs. «Certains futurs candidats aux élections présidentielles prochaines ne cessent de manigancer pour empêcher son excellence le président Abdelaziz Bouteflika de s’y représenter en reprochant récemment à ses comités de soutien de ne pas se manifester, ceci complété par une fausse information inspirée par un prétendu changement à la tête de la Coordination nationale, dont le but est de déstabiliser cette organisation et de l’empêcher d’activer dans la cas d’un nouveau mandat pour Abdelaziz Bouteflika», a noté le communiqué, signé Ahmed Kada. Cependant, ce ne sont pas les oppositions partisanes à la candidature de Bouteflika ou encore les spéculations autour des conflits internes à la coordination qui semblent avoir dicté cette sortie publique d’Ahmed Kada. Ce dernier donne l’air d’avoir repéré la force amplement plus agissante qui ferraille à contrarier l’éventuelle candidature du chef de l’Etat. Cette force serait, selon Kada, la même qui a déstabilisé le FLN et le RND. «Ces tentatives vont dans le même sens que celles qui ont déstabilisé les soutiens au programme présidentiel tels les partis du RND et du FLN.» Sans faire peut-être exprès, Ahmed Kada donne à comprendre que les crises organiques qui minent le RND et le FLN ne sont pas de facteurs endogènes mais instruites et manipulées par des forces externes. Et ceci dans le but bien visé de sevrer Bouteflika de ses soutiens partisans les plus assis. Evidemment, comme on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis, les remous au sein du FLN et du RND ne peuvent être provoqués par Bouteflika. Le communiqué de la coordination invite à regarder vers d’autres centres de décision. Lesquels ? La coordination ne le dit pas. Ce qu’elle confirme, à la prendre au sérieux, c’est que l’opposition à la candidature de Bouteflika ne serait pas l’apanage des partis de l’opposition mais elle impliquerait d’autres institutions qui auraient pignon sur la vie politique, tant est qu’elles ont pu perturber le FLN et le RND.
S. A. I.

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