Actualités : David contre Goliath
La toute-puissance de l’administration face aux décisions judiciaires


«L’Algérie se distingue par le cumul des dénis : déni de justice, déni de service public, les mises sous contrôle des citoyens ad vitam aeternam…», affirme le président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH), dont le siège a accueilli une conférence de presse, organisée par le Comité de défense des libertés syndicales (CDLS). Une conférence pour «dénoncer le déni de droit dont sont victimes, parmi tant d’autres, Horria Saïhi journaliste et réalisatrice à Canal Algérie et ancienne syndicaliste de l’ENTV ; et Ahmed Badaoui inspecteur divisionnaire des Douanes et ancien secrétaire général du syndicat national des Douanes. Ils avaient été tous deux licenciés illégalement de leurs fonctions respectives, suite à cela ils ont déposé plainte et ont fini par avoir gain de cause : la justice ordonne leur réintégration à leurs postes d’origine. Ceci devrait clore le problème, et bien non, l’ENTV refuse de réintégrer Horria Saïhi et la direction générale des Douanes refuse de réintégrer Ahmed Badaoui. Retour sur les évènements qui ont conduit à cette impasse, Horria Saïhi salariée durant 16 ans à l’ENTV, se voit licenciée pour abandon de poste en 2001. En décembre 2000, pour des raisons familiales, Horria se rend en France, avec l’autorisation de l’ENTV (congés annuels et mise en disponibilité d’une année). A son retour, elle apprend de vive voix, aucun document ne lui a été transmis, son licenciement qui avait pris effet, pendant ses congés. Elle entame une procédure judiciaire à l’encontre de l’ENTV, la justice tranche en sa faveur : elle qualifie son licenciement d’abusif, demande son annulation et exige sa réintégration dans l’entreprise, avec une indemnisation civile. Malgré cette injonction, l’actuelle direction de l’ENTV campe sur ses positions en refusant la réintégration de Horria Saïhi. En ce qui concerne Ahmed Badaoui, poursuivi devant la justice par la direction générale des Douanes, sous divers chefs d’inculpation : outrage, diffamation, trouble à l’ordre public…, sur ces 8 plaintes, Ahmed obtient 6 relaxes et 2 classements sans suite. Ahmed saisit le Tribunal administratif en 2012 et finit par obtenir gain de cause auprès du Conseil d’Etat qui ordonne sa réintégration. L’administration des Douanes s’est contentée de rétablir uniquement le salaire d’Ahmed Badaoui, sans le rappel des sept années et demi de suspension et de son affectation. En somme Ahmed perçoit un salaire sans poste !
Que reste-t-il à faire ? Un énième recours auprès de la justice et surtout, attirer l’opinion publique sur ces aberrations qui détruisent des vies, des familles.
S. G.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2014/01/30/article.php?sid=159793&cid=2