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Culture : Artisanat Ancestral de Timimoun
Ce souffle nouveau venu d’Alsace !


Amie et membre de TUS Alsace-Algérie depuis de nombreuses années, Khadija Seddiki, artiste-peintre et lissière demeurant à Sèvres (près de Paris), originaire d’El-Bayadh où elle a appris le tissage avec sa maman, puis étudiante aux Beaux-Arts à Oran, à Alger, à Bruxelles, enfin aux Gobelins, vient de diriger à l’atelier Tigurarin de Timimoun une formation à la tapisserie d’art aux couleurs du Sahara.

Fondé en 2007 par deux associations liées par des liens d’amitié fraternelle, l’Association des droits de l’enfant et de l’adolescent (ADE) de Timimoun et Trait d’union solidarité Alsace-Algérie (TUSAA) de Kientzheim, près de Colmar en Alsace, l’atelier Tigurarin vient de vivre des moments d’une richesse exceptionnelle.
Au cours des sept dernières années, les nombreux visiteurs algériens et étrangers ont pu constater l’évolution du projet initial «Femmes de Timimoun et des ksour du Gourara».
Au départ, l’idée était de donner du travail aux jeunes tisseuses, formées au CFPA de Timimoun, les accompagner dans leur désir de travailler et de s’insérer dans le tissu économique de la région ; mais surtout, leur offrir une intense formation à la connaissance approfondie de leur patrimoine ancestral, retrouvé, patiemment, année après année, dans les livres et les musées d’Alger avec l’aimable concours des conservatrices et leurs adjoints. A partir de 2009, grâce à la compétence et à l’enthousiasme de Karin Schreck, maîtresse artisane d’Orbey (près de Colmar), l’atelier Tigurarin de Timimoun s’est donné pour mission de renouer avec cette autre tradition ancestrale que fut jadis, dans toutes les régions d’Algérie, celle de la teinture naturelle des laines, la seule à donner aux tapis leur éclat, leur beauté lumineuse et chatoyante. Trois stages, ouverts à d’autres wilayas (Tizi-Ouzou, Ghardaïa), ont parachevé cette découverte (2009-2011-2013).
Fallait-il s’arrêter en si bon chemin ? Certes pas ! Décision est par conséquent prise en 2012 d’inviter l’architecte d’intérieur et artiste-peintre, Kheïr-Eddine Hassaïne, à rejoindre les deux associations, française et algérienne. Il accordera bénévolement une première formation aux tisseuses de Tigurarin sur le thème : «Comment faire évoluer vers la modernité le patrimoine de tissage du Gourara algérien sans le trahir». Plusieurs tapis de style contemporain sortiront de cette première formation. En ce printemps 2014, c’est l’apothéose ! Amie et membre de TUS Alsace-Algérie depuis de nombreuses années, Khadija Seddiki, artiste peintre et lissière demeurant à Sèvres (près de Paris), originaire d’El-Bayadh où elle a appris le tissage avec sa maman, puis étudiante aux Beaux-Arts à Oran, à Alger, à Bruxelles, enfin aux Gobelins, vient de diriger à l’atelier Tigurarin une formation à la tapisserie d’art aux couleurs du Sahara ! Les onze tisseuses (dont six maîtresses artisanes et 5 stagiaires) y ont vécu des moments d’intense émotion professionnelle. Invitées par Khadija à chercher l’inspiration dans leur environnement, mais aussi dans la connaissance de la symbolique de leur patrimoine, elles se sont tout d’abord livrées au dessin d’art au pastel. Les premières œuvres sont «naïves», puis progressivement, elles deviennent plus équilibrées, aux couleurs plus chaudes, aux motifs abstraits d’une signification plus profonde. Pour chacune d’entre elles, un croquis agrandi est reproduit sur la chaîne du métier à tisser, et voilà réalisées 13 œuvres d’une modernité étonnante et d’une beauté extraordinaire ! Des noms leur sont donnés par les artistes elles-mêmes : «Entre Erg et Reg, Timimoun la rouge», «Lumière de l’œil», ««Femme libre», «Envol d’oiseaux sur Timimoun», «Semence de vie», «Traces dans le désert», «Fibule», «Palmier dans le Désert». «Mais le stage, sous la direction de Khadija, est allé bien au-delà d’un simple apprentissage technique. Ensemble nous y avons vécu des temps d’émotion profonde, où les larmes ont coulé, lorsqu’à la «naissance» de chaque tapisserie (moment où elle est séparée des ensouples) l’atelier présent — au grand complet — accompagne la musique des ciseaux de ses youyous, de ses applaudissements, puis de la mélopée (prière de louange chantée) issue du tréfonds de la mémoire ancestrale. Quel bonheur ! Quelle réussite ! Quelles retrouvailles avec un passé enfoui, mais tellement présent !» nous ont écrit les responsables de TUSAA.
Par ailleurs, TUSAA organisera à Kaysersberg une grande exposition «Art et artisanat du Sahara algérien», du 3 au 9 juin, puis une deuxième à Kaysersberg toujours, sous le thème «Artisanat ancestral d’Algérie, source de développement local», du 5 au 11 août 2014, en présence des partenaires associatifs et de deux tisserandes de l’atelier Tigurarin. Les deux expositions auront lieu sous le patronage de Mme Yousfi, consule générale d’Algérie à Strasbourg, et du maire de Kaysersberg.
Kader B.

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