Mercredi 11 mai 2016
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Le Soir Auto
Culture
Monde
Tendances  
Soit dit en passant  
Digoutage
Faits divers
Pousse avec eux
Edition du jour
 
Nos archives en HTML


Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
Défendre sans frontières !


Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.fr

Il est des jours comme ça où j’ai un peu de mal avec l’organisation «Reporters sans frontières». Lorsque je reçois un courrier dans lequel on encourage à défendre la liberté de la presse, je n’arrive plus à accorder du crédit à l’association alors qu’elle est censée protéger les intérêts des journalistes d’où qu’ils soient et essentiellement dans les pays qui les oppriment. Cette année, RSF a publié le classement mondial de la liberté de la presse.
L’Algérie est au 129e rang sur 180. Il n’y a pas de quoi être fier et pas de quoi se réjouir. Et pourtant, il m’est aujourd’hui encore difficile de prendre au sérieux les rapports d’enquêtes et les déclarations.
De 1985 à 2008, durant près d’un quart de siècle à la tête de RSF, Robert Ménard, le maire raciste, facho et islamophobe d’une ville de France, y a fait la pluie et le beau temps, soutenant, en ce qui concernait l’Algérie, l’islamisme radical qu’il disait légitime tout en dénonçant, auprès de qui voulait l’entendre, l’arrêt du processus électoral.
En 1992, il s’affichait pour la démocratie et le choix du peuple, alors que l’ancien pied-noir qu’il est, dont les parents affiliés à l’OAS n’avaient jamais encaissé ni l’indépendance de l’Algérie ni de s’être fait avoir par les bougnoules que nous étions, se rangeait du côté de l’ennemi. Je savais déjà, pour en avoir fait l’expérience, ce que valait le sombre individu, lorsque j’ai rencontré, début 95, à Paris, Zlatko Dizdarevic, le courageux et non moins brillant directeur d’Oslobodenj, le plus grand journal de Bosnie-Herzégovine, basé alors à Sarajevo. Il venait de publier son ouvrage J’accuse l’ONU. Nous avons parlé du drame que traversait son pays et de ce qui ensanglantait le mien. Comme il avait été lauréat de l’association de Robert Menard pour son combat en faveur de la liberté de la presse, nous avons échangé nos points de vue sur son tout-puissant et inamovible patron. C’est là que Zlatko m’a raconté comment, un matin, le triste personnage avait décidé d’en finir avec la cause bosniaque en lançant aux membres de son bureau : «Fini la Bosnie. Je veux du Rwanda» !
M. B.

Nombre de lectures : 1311

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site