Mercredi 11 mai 2016
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L’art de se syndromiser la vie
là où tout est normal !

Par Hakim Laâlam  
Email : hlaalam@gmail.com
Dans le cadre des mesures d’austérité face à la crise, la
prochaine loi de finances tiendra en un...

tweet !

C’était dans tous les journaux télévisés des grandes chaînes françaises, hier à 20 heures. En boucle sur les chaînes d’info continue. Le bore-out ! Il paraît qu’il fait des ravages là-bas. Les cabinets de psys regorgent d’ouvriers, d’employés et de cadres victimes du bore-out. J’avoue que je ne connaissais pas ce syndrome. Le burn-out, oui ! Mais le bore-out, non ! Et là, je découvre stupéfait que le bore-out, c’est l’effet désastreux que provoque la…mise au placard sur le moral et la santé mentale d’un employé. En gros, ce syndrome se manifeste par un fort, un très fort sentiment de honte, de culpabilité parce qu’on perçoit un salaire à ne rien faire, que votre direction vous ôte tout dossier à traiter, toute responsabilité agissante dans la vie de l’entreprise et vous verse des sous juste pour que vous vous teniez tranquille dans votre bureau, que vous ne preniez aucune initiative, que vous ne participiez de rien et que vous attendiez gentiment la fin et la retraite. Eh bien, figurez-vous que ça, cette situation, provoque chez eux des malaises grandissants, des pathologies parfois très graves pouvant aller jusqu’au pétage de plombs. Quelles sociétés bizarres, tout de même. Quelles drôles de civilisations que celles-là, dont les travailleurs souffrent le martyre de se voir verser un salaire pour rien, sans travail en contrepartie. En gros, j’essaie d’imaginer : le matin, je déboule au boulot. En fait, je n’y déboule pas. J’y arrive à un rythme pépère, gentil et sans me presser, au pas de crabe. Je vois bien derrière la grande baie vitrée qu’il y a une réunion d’un vague conseil de direction qui se tient, mais je m’en tape un chouia, puisque mon DRH m’a expliqué que j’étais dispensé de réunions. Je vais donc dans mon bureau, je me fais un café corsé du nom de Dieu, j’allonge mes jambes, je déplie mes journaux et j’attends la fin de la journée. Et donc ça, si j’ai bien compris la définition du bore- out, ce cadre professionnel paradisiaque, ça développe chez ceux qui le vivent un grave syndrome, une maladie handicapante devenue dramatique pour la société française ? D’accord ! Payé à glander serait un phénomène hautement préoccupant ? Re-d’accord ! Alors, je suppose que ça doit être ça, le choc des civilisations. Parce que j’ai beau me triturer les méninges, chercher à décrypter ce syndrome, je n’y comprends rien ! Où est le problème, où se situe le mal à être payé à ne rien faire ? C’est normal, non ? C’est comme de fumer du thé pour rester éveillé à son cauchemar qui continue.
H. L.

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