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Actualités : Croissance des indicateurs de violence
L’insouciance des autorités


La violence au sein de notre société prend les allures d’un véritable phénomène social. Il s’agit d’une violence multiforme et omniprésente, a averti le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et de la recherche scientifique (Forem), Mustapha Khiati.
Naouel Boukir – Alger (Le Soir)
– Ce sont des statistiques qu’il qualifie «d’effarantes» pour ce qui est des indicateurs de violence au sein de la société, à commencer par le domicile et l’école.
En effet, l’intervenant à la radio Chaîne 3 a rappelé que l’inspecteur général de l’éducation a communiqué, en 2014, 40 000 cas de violence au niveau des établissements scolaires dont 2 000 agressions faites par des enseignants sur des élèves, 4 500 autres commises par ces derniers à l’encontre de leurs professeurs et 7 000 autres altercations entre élèves.
Ces chiffres sont probablement plus importants aujourd’hui puisqu’il a fait état de 7 300 cas de violences contre les femmes signalées, en 2015, un nombre qui est passé, dit-il, à 8 400, l’année d’après.
Les enfants et les femmes sont effectivement les plus touchés car étant «les maillons faibles de la société», les premiers par leur crédulité et les dernières du fait des pressions sociales qu’elles subissent, particulièrement dans certaines régions du pays.
A ce propos, le président de la Forem a indiqué que plus de 10 études sur le sujet ont été transmises aux autorités dont le ministère de l’Intérieur. Elles sont malheureusement restées «lettre morte», a-t-il déploré.
Parallèlement, un projet d’une école sans violence a été présenté au ministère de l’Education en 2013 et a été relancé en 2015, mais «c’est resté sans écho», a regretté le professeur M. Khiati.
Les propositions de la société civile sont très peu prises en considération par les autorités alors que le risque de violence est en croissance exponentielle et va en s’aggravant. L’intervenant explique l’explosion de ce phénomène par une combinaison de facteurs sociopolitiques, dont les séquelles de la décennie noire qui ont été très mal prises en charge, voire pas du tout.
Cette négligence fait que le million d’enfants traumatisés ou marqués par cette période sont des «dangers potentiels ou en action» et réitèrent des comportements agressifs.
L’impact de la drogue dans la banalisation du crime n’est évidemment pas à négliger et la prison est souvent associée à une école de crime et non un établissement de redressement. «Nous avons lancé plusieurs appels pour la constitution de groupes de travail avec des experts pour de véritables assises et ainsi conclure sur des recommandations concrètes pour les pouvoirs publics», a confié le président de la Forem, car la gestion de ce problème multidimensionnel est complexe.
Et ce, en regrettant l’absence d’une stratégie globale ou de réponse gouvernementale à ce type d’initiatives alors que «la société civile doit être indispensablement écoutée et associée» pour lutter efficacement contre cette montée des violences à travers la formation et la sensibilisation. A commencer par les foyers et les écoles.
N. B.

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