Mardi 14 novembre 2017
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Attention au réveil brutal
de la mémoire souillée !

Par Hakim Laâlam  
Météo-Algérie est formelle: la poursuite de ce temps
pluvieux dépendra des couloirs froids en provenance
d’Europe centrale, de l’anticyclone des Açores et…

… du nombre de fois où les radios diffuseront
une chanson de Cheb Yazid !

Cérémonie du 13 novembre en France. Lecture publique des noms des victimes des attentats terroristes qui ont meurtri et endeuillé Paris. Macron. Hollande. Et tout ce que compte ce pays comme dépositaires institutionnels de la mémoire. C’est rien, une liste de noms lus dans le froid. Et c’est en même temps énorme. Les morts ne reviennent pas lorsque leurs noms sont évoqués et dispersés sous les platanes de Paname. Mais tout de même ! En Dézédie, tu gamberges. Tu es pris d’un malaise que les images, là en face de tes mirettes, sur l’écran, accentuent. Combien d’années pour égrener les noms et prénoms des
200 000 morts de la seconde guerre d’Algérie ? Combien d’heures à passer au garde-à-vous face au drapeau à se recueillir ? Combien de stations debout pour interdire à l’oubli de totalement prendre possession de votre être, de le submerger ? Je ne sais pas. Quand on aime, on ne compte pas ! J’ai l’impression que nous n’aimons même plus nos morts que nous leur fassions subir ce deuxième assassinat, celui de les avoir «zappés». Une fois par an, même pour quelques petites heures, serait-ce trop demander à l’Etat de se «minuter en silence» ? Une journée, juste une journée. Ya Sidi, n’infligez pas le «supplice» de faire lire par deux belles voix la liste des 200 000 morts. Mais juste une halte silencieuse et respectueuse pour ces morts que l’on a tant offensés, tant profanés d’oubli accumulé. Est-ce trop demander par ces temps où, visiblement, l’urgence n’est pas à perturber la quiétude et l’honorabilité retrouvées de leurs assassins par des processions mémorielles ? Oui ! J’ai l’impression que nous sommes réellement devenus otages de ce verrou que nous avons nous-mêmes posé sur nos mémoires. Piètre protection ! Les verrous rouillent. Ou sautent. Et lorsque la mémoire s’en échappe brutalement, il faut la craindre. La mémoire souillée est coléreuse. Et elle ne connaît aucune loi de prescription. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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