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Le Professeur Abdelkrim Chelghoum tire la sonnette d’alarme : «90% de projets à Alger sont érigés sur des terrains à risques»

Publié par Ilhem Tir
le 09.10.2019 , 11h00
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L’Algérie est confrontée à 10 risques majeurs sur les 14 identifiés par l’ONU et la loi 04-20 concernant les catastrophes naturelles. Et la gestion des risques majeurs en Algérie a été très bien élaborée par plus d’une centaine d’experts et promulguée en 2004. Malheureusement, «elle est restée lettre morte», selon le professeur Abdelkrim Chelghoum, directeur de recherche à l’université de l’USTHB, expert en génie parasismique et dynamique des sols, et président du Club des risques majeurs.
S’exprimant, hier mardi, dans l’émission «L’invité de la rédaction» de la Radio Chaîne 3, le Pr Chelghoum est revenu sur la loi n°04-20 du 25 décembre 2004, relative à la prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes dans le cadre du développement durable, où toute la stratégie de prévention a été définie dans ses moindres détails.
Il y avait été strictement interdit de construire sur les berges des oueds avec une définition de la distance requise à respecter. Malgré cela, 90% des projets construits après 2004 ont été érigés sur ces terrains à risques, avec tous les documents administratifs requis. Selon l’expert, «de nombreux projets, notamment à Alger, ont été bâtis sur des lits d’oueds».
Ainsi, le Pr Chelghoum dénonce les constructions importantes édifiées dans des zones à risque, sans aucune étude sérieuse sur les plans géologique et géotechnique. Il s’interrogera «alors comment voulez-vous qu’ils puissent absorber une secousse sismique importante ?». Une nouvelle crue comme celle de Bab-el-Oued en 2001, peut causer, sans aucune exagération, pas moins de 500 000 victimes et un séisme de 7 sur l’échelle de Richter «pourrait dévaster la capitale entièrement».
Le professeur Abdelkrim Chelghoum a saisi l’occasion pour alerter sur les conséquences désastreuses que pourrait provoquer une éventuelle catastrophe naturelle.
Tout en pointant du doigt «l’insouciance» des pouvoirs publics et leur ignorance de ces risques, lesquels, relève-t-il, ne cessent de faire des victimes et d’occasionner « d’énormes pertes matérielles». L’intervenant déplore la non-application de la loi 04-20, rappelant le contexte de son élaboration à savoir, suite aux inondations de Bab-el-Oued qui avaient occasionné plus d’un millier de morts et des centaines de blessés, ainsi que du séisme qui, en 2003, avait ravagé la wilaya de Boumerdès.
La solution réside, donc, dans l’application de la loi qui prévoit tous les dispositifs de prévention, de surveillance et d’alerte, basés sur un strict respect des normes de construction. Aujourd’hui, une véritable cacophonie et un non-respect criant de l’ensemble des articles de cette loi sont constatés, d’où les multiples dégâts enregistrés chaque année après une forte pluviométrie.
Il est à préciser que dans la loi en question, il est demandé l’élaboration d’une cartographie détaillée pour chaque risque dans les communes et les wilayas.
Une procédure indispensable pour établir une stratégie fiable en matière de prévention et de réduction de ces risques majeurs.
Ilhem Tir

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